AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Un important rassemblement politique organisé, à Okrika, par le principal parti de l’opposition nigériane a été perturbé, mardi, lorsque des explosions ont été entendues près du lieu de la manifestation.
«Trois explosions ont eu lieu, en succession rapide, près de l’Ecole secondaire nationale d’Okrika, peu de temps avant le début du rassemblement » a rapporté, à l’Agence Anadolu (AA), Bari Godwin, un habitant de la ville dont est originaire la Première dame, Patience Jonathan.
Godwin a expliqué que plusieurs participants ont fui les lieux, avant de se rassembler à nouveau, deux heures plus tard.
Le rassemblement de campagne été organisé par le Congrès progressiste (ACP) à Okrika, ville de l’Etat du sud du Nigéria riche en pétrole, Rivers.
«Alors que nous étions sur le point de commencer le rassemblement, au moment même où le candidat aux élections pour la fonction de gouverneur, Dakuku Peterside, est arrivé, nous avons entendu des coups de feu tirés par des voyous » a précisé Godwin.
Un haut responsable de l’APC, Ikemefuna Lyke, a confirmé l’incident en affirmant qu’il s’agit de « la troisième fois que notre parti est empêché de tenir un rassemblement à Okrika ».
La police n’a, pour sa part, toujours pas commenté l’incident.
Les Nigérians devaient se rendre aux urnes le 14 février pour élire un président et les membres du Parlement fédéral, mais le processus a été reporté au 28 mars et 11 avril prochains, en raison, d'après les autorités, «de l’insurrection de Boko Haram dans la région du nord-est».
Le 2 février dernier, avant même l’annonce du report, le Congrès progressiste (ACP), principal parti d’opposition au Nigéria, avait soutenu que le parti au pouvoir avait fomenté "un complot" pour faire reporter les élections générales du 14 février et établir un gouvernement intérimaire dirigé par le président nigérian en exercice, Goodluck Jonathan.
L’opposition accuse, également, les militaires d’avoir conclu une «alliance peu orthodoxe» avec le parti au pouvoir, avec pour objectif de faire dérailler le processus démocratique.
Bien que quatorze candidats se présentent à la fonction ultime, le scrutin présidentiel est considéré comme une compétition menée uniquement entre le président actuel Jonathan et l’ancien dirigeant militaire du Nigéria, Muhammadu Buhari.