AA/Maiduguri (Nigéria)/ Olarewaju Kola
Au moins dix-sept personnes ont été tuées dans une nouvelle attaque, attribuée à de éléments armés du groupe extrémiste Boko Haram, contre un village isolé du nord-est du Nigéria, ont indiqué, mercredi, des habitants.
Des insurgés circulant à bord d'un véhicule tout-terrain et plusieurs motos ont attaqué, lundi, à environ 08:00 (heure locale), le village de Kautikari a rapporté, mercredi, par téléphone à l’Agence Anadolu (AA), un habitant local, Ali Watika.
Watika a indiqué que les insurgés avaient tout d’abord ouvert le feu sur les maisons du village pour forcer les habitants à en sortir, avant de leur tirer dessus et d’en tuer au moins treize.
Watika, qui s’est enfui vers la ville voisine chibok, a déclaré que les survivants qui y étaient arrivés par la suite, étaient «affamés et échevelés».
Deux autres rescapés de l’attaque, Simeon Mamman et Ali Gaji, arrivés à Chibok quelques heures plus tard, ont affirmé que quatre autres cadavres avaient été retrouvés, portant le bilan total des victimes à dix-sept.
Une source militaire a révélé que des soldats s’étaient rendus dans la ville, mais que le bilan des victimes pourrait s’alourdire encore.
Le responsable militaire a ajouté que les insurgés avaient incendié plusieurs maisons et commerces du village.
Boko Haram a déjà attaqué la commune en juin dernier et avait alors tué au moins vingt-et-une personnes.
Des centaines de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection.
Le groupe armé extrémiste Boko Haram, classé «organisation terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du nord-est du Nigéria.
Dans une vidéo diffusée le 24 août, le prétendu chef de Boko Haram, Shekau, avait déjà déclaré que son groupe avait formé un «Califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.
Le groupe extrémiste s’est, depuis, emparé de nombreuses villes et villages des trois Etats du nord-est du Nigéria, le Borno, Adamawa, et Yobe, les déclarant partie de son «Califat islamique».
Il contrôle, maintenant, environ douze zones rattachées à des Conseils locaux et plus de cinquante villes et villages à travers les trois Etats.