AA/Niamey/Balima Boureima
Plus de 200 combattants du groupe armé Boko Haram ont été tués conjointement par les forces armées nigériennes et des troupes tchadiennes, entre vendredi et mardi, dans les localités de Bosso et Diffa, dans le sud-est du Niger, aux frontières nigériennes, a indiqué mercredi à Anadolu le Colonel Moustapha Ledru, porte-parole de l’armée nigérienne.
« Nous avons compté plus de 200 morts dans les rangs de Boko Haram depuis le début des attaques, vendredi, mais le bilan risque de s’alourdir car il y a eu ces jours-ci, des frappes de l’armée dont les chiffres ne sont pas encore disponibles » a précisé le porte-parole joint par téléphone.
Aucun détail n'a en revanche été donné par la même source sur d'éventuelles pertes dans les rangs des militaires tchadiens et nigériens. Vendredi, un communiqué gouvernemental avait toutefois fait état de 4 morts parmi les soldats de l'armée nigérienne.
Alors que l'armée nigérienne se prépare à rejoindre une force mixte régionale pour lutter contre Boko Haram sur le front camerounais frontalier du Nigéria, après l’accord du parlement, les localités de Bosso et Diffa sont, elles, le théâtre d’attaques sanglantes à répétition perpétrées par Boko Haram sur le territoire nigérien depuis la première attaque, vendredi dernier.
Après cette attaque, le groupe armé a renouvelé ses assauts dimanche, en envoyant une jeune fille jeter un engin explosif dans le marché de Diffa, dans le sud-est, également frontalier du Nigéria, faisant un mort et vingt blessés parmi les civils, selon une source médicale.
Lundi, deux attaques se sont succédées dans la journée. La première dans la matinée, lorsque trois éléments du groupe armé ont tenté d'attaquer la prison civile de Diffa, dans l'objectif de libérer des prisonniers et qui s'est soldée par la mort de deux assaillants (le troisième prenant la fuite), selon le Dr Mamadou Alio, un responsable médical joint par Anadolu.
La seconde attaque qui a eu lieu lundi, dans l'après-midi, où une explosion a retenti, également à Diffa. Deux individus ont été abattus par les forces nigériennes à cette occasion, tandis qu'un autre combattant de Boko Haram, portant une charge, qui tentait de s'introduire dans la compagnie militaire de Diffa, a également été neutralisé, d'après la radio privée nigérienne "Anfani".
En conséquence de ces attaques, Niamey a proclamé un état d'urgence mardi soir, dans la région de Diffa pour un délai de 15 jours à compter de ce mercredi à 00h00.
Par cette décision, le gouvernement nigérien accorde aux forces de sécurité, la permission de procéder à des perquisitions à domicile de jour et de nuit surtout que, selon des sources sécuritaires, Boko Haram dispose de cellules dormantes au Niger.