AA/Niamey/Barima Bouleima
Le président nigérien Issoufou Mahamadou a qualifié, lundi, Boko Haram de «monstre» qui n'aura pas «d'avenir dans la sous-région», tandis que le groupe armé continue de multiplier les attaques sanglantes sur le territoire nigérien.
S'exprimant au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion sur la convergence monétaire dans la communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO, qui regroupe quinze pays de l'Afrique de l'Ouest), Mahamadou s'est félicité "du comportement des soldats nigériens" face à la première attaque, vendredi, des combattants de Boko Haram, à Bosso, région frontalière du Nigéria, qui s’est soldé par 109 morts dans le rang des assaillants, contre quatre morts du côté des militaires nigériens.
Alors que le parlement nigérien a prévu de ratifier, dans l'après-midi de ce lundi, la décision gouvernementale d'envoyer des troupes nigériennes dans l'Extrême-Nord du Cameroun auprès de la coalition tchado-camerounaise présente depuis la mi-janvier et qui a neutralisé plusieurs centaines d'assaillants d'après des sources sécuritaires camerounaises et tchadiennes, le groupe armé, lui, multiplie les attaques au Cameroun et désormais au Niger.
Après l'attaque de vendredi, le groupe armé a en effet renouvelé ses assauts dimanche, en envoyant une jeune fille jeté un engin explosif dans le marché de Diffa, dans le sud-est, également frontalier du Nigéria, faisant un mort et vingt blessés, selon une source médicale.
Ce lundi, deux attaques se sont succédées dans la journée. La première dans la matinée, lorsque trois éléments du groupe armé ont tenté d'attaquer la prison civile de Diffa, dans l'objectif de libérer des prisonniers et qui s'est soldée par la mort de deux assaillants (le troisième prenant la fuite), selon le Dr Mamadou Alio, un responsable médical joint par Anadolu, portant le bilan total à 111 morts du côté de Boko Haram, en plus des quatre militaires nigériens et du civil tué.
La seconde attaque a eu lieu dans l'après-midi de ce lundi, dans l'après-midi, où une explosion a retenti, également à Diffa, sans qu'aucun bilan officiel n'ait pu être obtenu jusqu'à 17h50 GMT.
Tandis que la lutte se prépare à échelle régionale et qu'une Force Multinationale Mixte (FMM) qui regroupe près de 8700 hommes du Bassin Lac Tchad (Niger, Nigéria, Cameroun, Tchad auquel s'ajoute le Bénin) , va être déployée prochainement, Boko Haram s'est pour sa part ouvertement moqué de cette mobilisation par le biais d'une vidéo Youtube publié lundi.
Le chef du groupe armé, Abubakar Shekau a en effet déclaré «Votre alliance ne mènera à rien. Rassemblez toutes vos armes et affrontez-nous : vous êtes les bienvenus», ajoutant que le groupe était prêt à capturer les soldats «un à un».
Boko Haram, qui sévit depuis 2009 au Nigéria, s'est étendu ces derniers mois à l'Extrême-Nord du Cameroun, et plus récemment au Niger. Le groupe menace désormais le Tchad et le Bénin, dans le but d'étendre un "Califat" sur la zone entourant tout le Lac Tchad, qui permettrait de contrôler des trafics en tout genre, d'après les sources sécuritaires.