AA/ Rabat / Mohamed Bouhride
Le président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Driss El Yazami, a appelé lundi, le parlement marocain à abolir la peine de mort, protéger le droit de manifestation et lutter contre la torture.
Pour la première fois dans l'histoire du pays, et depuis la création du Conseil national des droits de l'homme en Mars 2011, Driss El Yazami a présenté lundi un rapport sur l’état des droits de l’homme au Maroc, devant les deux chambres du Parlement : la Chambre des représentants et celle des conseillers.
« Le CNDH maintient sa position et appelle le pays à ratifier le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipule l’abolition de la peine de mort», a déclaré Yazami.
« Nous appelons également notre pays à voter la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies appelant tous les Etats à instituer un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine de mort », a-t-il ajouté.
Le président du CNDH a relevé la nécessité d’un «dialogue calme et placide autour de ce sujet » précisant qu’il réalise que « la peine de mort suscite des positions opposées et des avis divergeants au sein de la société surtout quand il s'agit de certains crimes affreux et de leurs conséquences sur les familles des victimes».
Le Maroc a montré, ces dernières années, une grande indécision à ce sujet puisque d’un côté le premier Réseau des Parlementaires Marocains Contre la Peine de Mort a été mis en place l’année dernière, mais de l’autre, le ministre marocain de la Justice et des Libertés, El Mostafa Ramid, a assuré de l’absence de toute prédisposition du gouvernement à abolir cette peine.
Yazmi a aussi évoqué la lutte contre la torture affirmant que « pourvoir chaque personne en détention du droit de contacter immédiatement un avocat et d'enregistrer audio-visuellement les interrogatoires » permettra de protéger les citoyens contre la torture.
Il a également relevé la nécessité de lancer un « dialogue national autour du droit à la manifestation pacifique » qui aboutirait à « la confirmation du droit de manifester pacifiquement pour tous les citoyens et citoyennes, à la réduction du pouvoir arbitraire de l’administration dans l'interdiction des manifestations pacifiques et au renforcement du rôle du pouvoir judiciaire en tant qu'arbitre effectif».
Le rapport de la CNDH a porté un intérêt particulier aux femmes appelant à accélérer l'adoption d'une loi contre la violence à leur égard, qui prévoirait des mesures de protection des femmes.
Le président de la CNDH a demandé dans ce contexte la promulgation de la loi relative à l’instauration de la parité et à la lutte contre toutes les formes de discrimination, prévue par l'article 19 de la Constitution marocaine.