AA/ Bamako/ Fatouma Harber
Malgré la signature d'un cessez-le-feu, vendredi, entre Gouvernement malien et groupes armés dans le Nord-Mali, plusieurs milliers de personnes continuent de quitter en masse la région de Kidal (Nord-Est) et des localités de la région de Gao (au sud de Kidal) occupées par les rebelles, par peur de "représailles" des groupes armés, ont rapporté des habitants à Anadolu.
"La ville est complètement détruite, les commerçants ont préféré cacher leurs marchandises et partir" a déclaré, sous couvert de l'anonymat, un habitant de Kidal à Anadolu "Ceux qui quittent la ville craignent de devenir des cibles parce qu'ils ne militent pas pour les groupes armés indépendantistes".
La majorité des localités de la région de Kidal (Adrar des Ifoghas, Anefis, Kidal, Tessalit) et certaines localités de la région de Gao, occupées par les rebelles (Bourem, Menaka et Tabankort) voient partir femmes et enfants en direction de la ville de Gao, de Bamako ou même de l'Algérie, ont indiqué des sources de la MINUSMA à Anadolu.
Ces flux se sont intensifiés après des combats qui ont eu lieu, samedi soir, entre des groupes armés dans la localité malienne de Tabancort, au nord de Gao. Alors que le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA-faction principale de la rébellion du Nord-Mali) dit avoir êté victime d'"une embuscade tendue par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), des sources à la force onusienne opérant au Nord-Mali, la MINUSMA, ont fait état à Anadolu, d'affrontements entre deux fractions d’un même groupe armé, le Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA), une autre composante de la rébellion du Nord.
Aucun bilan de ces confrontations n'a encore été rendu disponible.
Le contrôle des rebelles touaregs reste établi à Kidal. Des drapeaux des groupes armés indépendantistes flottent sur les monuments et bâtiments publics. La station régionale de l’ORTM (Office de Radio et Télévision du Mali) sous contrôle du MNLA diffuse des messages indépendantistes.
Le Nord Mali est de nouveau en proie à l’instabilité depuis le déclenchement de violents combats, le 17 mai, à Kidal entre l'armée malienne et des groupes armés, dont le MNLA. Ces combats se sont poursuivis avec une contre-offensive militaire, lancée le 21 mai, par l'armée malienne pour reprendre le contrôle des points stratégiques des rebelles de l'Azawad. Cette opération a été mise en échec par une alliance des groupes armés du nord et des factions jihadistes.
Un cessez-le feu a été signé vendredi entre les parties belligérantes, sous l’égide de l’union africaine et de la MINUSMA.