AA/ Bamako/ Moussa Bolly
Presqu’une semaine après l’ouverture des pourparlers d’Alger, entre Bamako et les groupes armés du Nord Mali, dont aucun communiqué n'a filtré jusqu'à mardi 15H GMT, la société civile malienne critique toujours son exclusion de ce processus.
Le Collectif des Ressortissants du nord (COREN),se désolidarise déjà des futures conclusions du dialogue. Le secrétaire général du COREN, Abdoulaye Albadia Dicko, a en effet qualifié la rencontre d’Alger de «tête à tête du gouvernement avec les groupes armés» et non «un dialogue franc inter-Maliens» souhaités par tous, selon la presse locale.
Pour M. Dicko, «le risque est grand de voir les populations du Nord rejeter les résultats de ces pourparlers…».
Le Collectif des Acteurs de la société civile sur la sortie de crise au Mali a lui aussi déploré son exclusion du processus de négociation et dénoncé «le mépris dont il est victime de la part du gouvernement».
«Depuis l’arrivée de IBK (Ibrahim Boubacar Kéita) à la tête du pays, nous avons constaté avec beaucoup d’amertume qu’il n’accorde aucun intérêt à la société civile», a martelé Mamoutou Diabaté, président du Forum des organisations de la société civile au cours d’une conférence de presse, lundi.
«Notre objectif principal est pourtant d’aider à trouver une solution pour que notre pays retrouve la paix, l’unité et le développement», a-t-il précisé.
Au cours de cette première phase des négociations, les protagonistes sont à la recherche d’un cadre de négociation, un calendrier et une feuille de route consensuelle. Et malgré ce climat de «méfiance» voire de «révolte» au niveau national, le chef de la délégation malienne à Alger, Abdoulaye Diop (ministre des Affaires étrangères) reste optimiste. Il indique que les discussions se déroulent dans «un esprit de fraternité et surtout de compréhension».
«Notre ambition est que ces accords puissent être les derniers…Il faut que l’on puisse lutter efficacement contre les terroristes, les trafiquants de drogue…et arriver à des accords globaux et inclusifs», a espéré M. Mara.