AA/ Bamako/ Moussa Bolly
Alors que l’opposition qualifie son bilan de «décevant » après un an au pouvoir, insistant sur les événement de Kidal, les partisans du président malien Ibrahim Boubakar Keita (IBK) soutiennent que les efforts qu’il a jusque-là fournis sont «appréciables».
Dans une déclaration à la presse, le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA-opposition) a estimé jeudi que le Mali s’est «beaucoup fragilisé pendant la première année de présidence d’IBK».
«Le pouvoir se livre à un pilotage à vue par rapport aux préoccupations nationales. Pour ce qui est de la gestion du nord du pays, son immobilisme a conduit au pourrissement de la situation, à l’aventurisme illustré par la visite du Premier ministre à Kidal le 17 mai et à la guerre non préparée du 21 mai», a déclaré jeudi Djiguiba Kéita, secrétaire général du PARENA et ministre de la Jeunesse et des Sports dans le dernier gouvernement du président Amadou Toumani Touré.
Le bilan d'une année au pouvoir du président Ibrahim Boubaker Keita suscite des critiques liés à d'autres volets du vécu malien. Pour la journaliste malienne, Sadio Kanté, exerçant au Congo-Brazzaville «aucun président malien n’a mis autant de membres de sa famille dans la gestion du pays ».
« Le manque de vision d’IBK par rapport à la crise du Nord n'est pas pour faciliter les choses. Le coût très élevé de la vie est plus que jamais ressenti par les Maliens», a-t-elle encore expliqué.
L'ancien Premier ministre de la Transition Soumana Sacko (mars 1991-juin 1992), a pour sa part déclaré vendredi à Anadolu: «le président de la République semble être animé de la volonté de s’affranchir de l’emprise des forces pro-putsch, obscurantistes et anti-démocratiques qui ont largement contribué à sa victoire lors des élections générales de 2013, même si de temps à autre des signaux contradictoires viennent brouiller le tableau d’ensemble».
Abondant dans le même sens, le juriste proche du Rassemblement pour la Mali (PRM- au pouvoir) Sidi Yaya Diaby, a indiqué que «les errements des 12 derniers mois montrent qu’IBK manque de vision claire pour le Mali».
Dans une autre déclaration à Anadolu, un diplomate accrédité à Bamako a ajouté sous couvert d’anonymat : «IBK ne parvient pas à se départir des maux qui ont fragilisé son prédécesseur, Amadou Toumani Touré. Il a aussi longtemps tergiversé sur le dossier du Nord en commettant l’erreur de vouloir prendre Kidal de force avec une armée qui n’a pas encore achevé sa mue vers le professionnalisme».
Les proches du président apprécie néanmoins les efforts consentis par le président malien pour stabiliser le pays.
Pour un député de l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA) qui a requis l'anonymat, «le travail accompli par le gouvernement n’est pas perceptible parce que la tâche est énorme et les défis à relever sont immenses. Les résultats vont bientôt se faire sentir».
Dans la même perspective, Zoumana N’Tji Doumbia, député de la Convention sociale démocratie (CDS), a déclaré à Anadolu: « le Mali revient de très loin. Nous étions confrontés à une crise sécuritaire sans précédent. Nous pensons qu’avec l’arrivée d’IBK, beaucoup de choses sont en train d’être faites. Si vous prenez les différents segments de la société, les secteurs agricole, économique et sécuritaire, dans tous ces domaines il y a eu des améliorations ».
Un avis partagé par le ministre porte-parole du gouvernement, Mahamane Baby, qui a réitéré l’importance du facteur temps dans la concrétisation des promesses d’IBK de changer le Mali.