AA / Bamako / Fabien Offner
" La "grande marche patriotique" pour la souveraineté du Mali sur la région de Kidal", dans le nord du pays, a été annulée alors qu'elle devait avoir lieu vendredi matin à Bamako, a indiqué le membre organisateur du Collectif pour la défense de la République, Mohamed Youssouf Bathily.
« Les autorités maliennes ont volontairement empêché cette manifestation dirigée contre l'incapacité de l’Etat malien et des forces françaises d'imposer la souveraineté de Bamako" sur Kidal, (fief des groupes armés: ndlr) a expliqué l’organisateur, lors d’un point de presse improvisé.
«Nous avons pourtant introduit depuis le 30 avril une demande d'autorisation de manifestation auprès de la mairie», a dénoncé Bathily, en accusant les autorités de l'avoir volontairement ignorée.
«Les autorités nous ont également informé qu' il existait des risques d'infiltrations, raison pour laquelle elles nous ont demandé d'annuler la marche. Nous avons rejeté cet argument et considéré qu'en l'absence de réponse de la mairie après le délai légal de trois jours, la manifestation était autorisée.» a-t-il poursuivi.
Tôt dans la matinée de vendredi, une cinquantaine de personnes s'étaient réunies place de la Liberté en déployant notamment une banderole sur laquelle était écrit : «Le Mali, un seul territoire, un seul drapeau, une armée». Finalement empêchés d'avancer par les forces de sécurité, les manifestants ont quitté les rues dans le calme pour se réunir au Carrefour des Jeunes, où ils avaient quelques jours plus tôt annoncé la manifestation.
Quelques mouvements de protestation similaires peu suivis par la population avaient eu lieu dans la capitale en novembre 2013. Les manifestants accusent l'Etat malien de complicité avec la France, qui favoriserait, selon eux, l'autonomie de la région de Kidal pour des intérêts économiques. Affaiblis militairement par les djihadistes en 2012, les combattants indépendantistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont réoccupé la région, suite à l'intervention française en janvier 2013. Depuis, les combattants armés y circulent sous les yeux de l'armée malienne, de l'armée française et des casques bleus de la Minusma (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies
pour la Stabilisation au Mali).