AA/ Antananarivo/ Alain Iloniaina
Nommé mercredi par le président malgache au poste de Premier ministre, Jean Ravelonarivo porte plusieurs casquettes. Il est à la fois officier général de l’armée de l’air, acteur dans le secteur humanitaire et homme d’affaires qui dirige un groupe leader dans plusieurs secteurs.Mais, ce sont les relations personnelles qui l’ont catapulté à la primature. Il doit piloter la relance économique malgré la contestation de l’opposition.
Militaire peu connu du grand public, Jean Ravelonarivo, 55 ans, a été choisi, mercredi dernier, pour remplacer Kolo Roger, à la primature malgache après avoir été catapulté Général de brigade au sein de l’armée de l’air. Discret mais avec de solides relations dans les sphères du pouvoir depuis plusieurs année, il se distingue par ses plusieurs casquettes : militaire, homme d’affaire et acteur associatif. En effet, outre sa carrière de militaire il est fondateur depuis plusieurs années d’une entreprise de BTP devenue un groupe de référence actif dans plusieurs secteurs.
Sur le plan académique,l'homme détient, outre un Diplôme d’exploitation d’Aéronefs, une Maîtrise en Droit Privé de l’Université d’Antananarivo et un Diplôme de Troisième Cycle en Relations internationales.
Mais, ce sont essentiellement ses relations personnelles qui seraient derrière sa nomination. Hery Rajaonarimampianina et le général de brigade aérienne Jean Ravelonarivo se connaissent depuis plusieurs années par le biais du réseau Rotarien.
Les liens entre l'épouse du chef de l'Etat et celle du nouveau Premier ministre reviennent également avec insistance dans les commentaires sur les réseaux sociaux. Devenue Première Dame, Voahangy Rajaonarimampianina a tenu à ce que Josiane Ravelonarivo fasse partie de ses plus proches collaboratrices.
En nommant le pilote de l'armée au poste de Premier ministre, « Hery Rajaonarimampianina a choisi une personnalité en laquelle il a une grande confiance », indique à Anadolu un officier général, qui connaît le nouveau chef du gouvernement. « De ses amis et des membres de son réseau, le président a ensuite choisi un militaire. Le choix est loin d’être fortuit », poursuit –il.
Mais à y voir de plus près, d'autres facteurs semblent jouer dans la nomination du nouveau Premier ministre. Selon la confidence de Jaobarison Andrianarivony, un des conseillers spéciaux du président, « il faut aller de l’avant, et pour ce faire, il faut un homme d’action qui a du charisme et qui a de la personnalité». Un officier général de l’armée de l’air reconnaît, quant à lui, que Jean Ravelonarivo a justement ces qualités.
Mais au regard des défis économiques du pays, c’est son profil d’homme d’affaire qui plaide le plus en sa faveur. Sa société devient l’une des références dans son secteur, et en 2012, elle se transforme en un groupe de sociétés opérant dans divers secteurs, dont l’import-export. De 2001 à 2003, il est élu Secrétaire général du Groupement des métiers du bâtiment, une organisation professionnelle regroupant les opérateurs du secteur bâtiment.
De plus l'attache politique du nouveau chef du gouvernement ne se limite pas au couple présidentiel. "Il dispose d'un important réseau, assez solide pour diriger un gouvernement", avance l'officier général, son frère d'armes.
Malgré ce profil blindé, aussitôt nommé sa nomination a été contestée par une frange de l’opposition. Un groupe de partis autour de l'ancien président transitoire Andry Rajoelina, composé d'anciens candidats à la présidentielle de 2014, refuse la nomination du nouveau Premier ministre. Vendredi, ce groupe de cinq partis a déposé une demande de sursis à exécution de la nomination du Premier ministre auprès du Conseil d'Etat. L’Opposition fait valoir l'article 54 de la Constitution. Ce dernier stipule que le Premier ministre doit être présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale. Andry Rajoelina revendique cette majorité au même titre que la Plateforme pour la majorité présidentielle (PMP). Un écart de comptage dû essentiellement au phénomène de transhumance politique au sein du parlement.