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11 Janvier 2022•Mise à jour: 11 Janvier 2022
AA / Bruxelles
L'Union européenne (UE) a condamné, lundi, le discours de division utilisé par les dirigeants serbes de Bosnie lors des célébrations nationalistes de la "Journée de l'État".
”L'UE condamne fermement le discours négatif, clivant et incendiaire utilisé par les dirigeants de la Republika Srpska (RS) lors des célébrations du 9 janvier ce dimanche", a déclaré Peter Stano, porte-parole principal du Service européen pour l'Action extérieure, dans un communiqué.
Dimanche, les Serbes de Bosnie ont célébré publiquement le 30e anniversaire de la proclamation de la Republika Srpska autonome. L'événement survenu en 1992 avait conduit à la guerre.
Selon la déclaration du bloc, le discours et les actions pendant les célébrations ont davantage intensifié la crise politique en cours et mis en danger la stabilité et la prospérité du pays.
Le document indique également que les célébrations étaient contraires à une décision de la cour constitutionnelle du pays datant de 2015, indiquant que la fête pourrait être discriminatoire à l'égard d'autres groupes ethniques et religieux.
L'UE a exhorté les dirigeants serbes de Bosnie à mettre fin à “la tendance inquiétante de la haine et de l'intolérance”, dont la glorification des criminels de guerre et la négation de leurs crimes.
“Nous exhortons donc tous les dirigeants, y compris les dirigeants de la Republika Srpska, à mettre fin aux mesures de division inacceptables, et à revenir pleinement au travail des institutions de l'État”, précise le communiqué.
En 1995, l'Accord de Dayton mettant fin aux guerres yougoslaves a créé un système complexe de double fédération composé de deux entités principales : la Republika Srpska et la Fédération de Bosnie-Herzégovine peuplée de Croates et de Bosniaques.
Les pires troubles politiques du pays depuis la fin de la guerre ont commencé en juillet dernier lorsque des responsables serbes ont commencé à boycotter les institutions fédérales après que le Haut représentant sortant, Valentin Inzko, a présenté une nouvelle loi interdisant la négation du génocide et criminalisant la glorification des criminels de guerre.
La crise s'est aggravée en octobre lorsque Milorad Dodik, dirigeant de la Republika Srpska, a annoncé qu'il quittait les principales institutions fédérales pour privilégier la souveraineté.
La semaine dernière, les États-Unis ont imposé des sanctions à Milorad Dodik et à d'autres dirigeants pour corruption et menace de la stabilité et de l'intégrité territoriale du pays.
Dimanche, les célébrations de la Journée de l'État se sont terminées par des actes de provocation dans plusieurs villes de la Republika Srpska. L'on a enregistré des monuments endommagés commémorant le génocide de Srebrenica, des chants en l'honneur du criminel de guerre Ratko Mladic et des insultes aux musulmans avec des haut-parleurs.
*Traduit de l'anglais par Alex Sinhan Bogmis