AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy - Lorène Barillot
Après les sanctions qu'ils ont ou comptent imposer à Moscou, les pays membres de l'Union européenne (UE) cherchent les moyens, présentés dans un rapport préliminaire, de réduire leur dépendance énergétique à la Russie, notamment en terme de gaz, alors qu'ils ne sont pas tous dans la même situation.
Un projet de décision, préparé pour le sommet de l'UE qui va se tenir à Bruxelles les 20 et 21 mars, indique que la dépendance à la Russie est "inquiétante", et qu'il faut augmenter les investissements en ressources énergétiques recyclables, se servir davantage des ressources "locales" comme le gaz de schiste, multiplier les sources d'offres et augmenter la productivité énergétique.
La Russie est la plus grande source d'énergie pour l'UE, qui en importe les deux tiers de sa consommation totale d'énergie. De son côté, la Russie, qui exporte surtout du gaz, du pétrole et du charbon vers l'UE, satisfait à elle seule 22% de l'énergie de l'Union. En 2007, 45% du gaz importé par l'UE provenait de la Russie. Ce chiffre a baissé d'environ 30% ces trois dernières années, mais il existe une disparité entre les pays.
Les pays baltes, la Finlande, la Suède, la République tchèque et la Bulgarie dépendent chacun presque totalement du gaz russe, tandis que le taux de dépendance s'élève à 70% en Pologne et en Grèce, à 60% en Autriche et en Hongrie, à 40% en Allemagne, à 20% en Italie et à 18% en France.
- La dépendance de l'Allemagne au gaz russe inquiète -
La décision de l'Allemagne de fermer graduellement ses centrales nucléaires jusqu'en 2022 augmente l'importance du gaz russe pour la production et la consommation d'électricité du pays locomotive de l'économie de l'UE, même si l'Allemagne envisage de combler le vide de l'énergie nucléaire par les ressources recyclables. La Pologne est, elle, gênée par cet abandon du commerce énergétique intensif avec la Russie, car ce-dernier est assuré grâce à son gazoduc Nord Stream qui deviendrait ainsi inutile.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait affirmé en début de semaine que "la dépendance de l'Allemagne au gaz russe pourrait restreindre la souveraineté de l'Europe" et avait demandé à l'Allemagne de réviser ses politiques économiques pour empêcher que cette dépendance à la Russie ne "paralyse l'Europe".
En outre, l'Etat polonais qui veut réduire sa dépendance à l'énergie russe, a promulgué le 11 mars une loi qui dispense les entreprises d'exploitation de gaz de schiste d'impôts jusqu'en 2020, et qui leur assure impôt minimum après.