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L'opposition togolaise a émis, mercredi, de "sérieux doutes" quant à "la crédibilité" du processus électoral en cours, à quelques semaines de la présidentielle, dans une lettre adressée par le Président de l'ANC (Alliance Nationale pour le Changement- principal parti de l'opposition togolaise) à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), dont Anadolu a eu copie.
Ces réserves, émises au lendemain du début de la révision des listes électorales, en vue de leur actualisation, portent, notamment, sur le fichier électoral et les cartes électorales, selon le document signé par Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC.
Alors que le fichier électoral est actuellement en actualisation en vue de la présidentielle, dont la date sera annoncée prochainement par la Cour constitutionnelle, l’ANC s’interroge sur « une diminution inexpliquée d'environ 256 000 inscrits en 2013 par rapport à 2010 ».
"Des informations officielles font état d’une commande de 800 000 cartes d’électeurs dont seulement 700 000 sont mis à la disposition de la CENI" poursuit la lettre de l'ANC à Taffa Tabiou, président de la CENI "Ces cartes portent la signature de Monsieur Taffa Tabiou alors qu’il n’était pas encore élu membre de la CENI par l’Assemblée nationale [chambre du Parlement monocaméral togolais, ndlr]"
L’ANC s’inquiète et s’interroge sur la motivation de cette commande "précipitée" ainsi que sur la quantité effectivement commandée et livrée à la CENI.
En outre, les kits biométriques servant à la révision du fichier électoral actuellement en cours au Togo, ne répondent pas correctement au besoin d'efficacité de l’actualisation du fichier électoral en cours, selon l’ANC, qui n'a pas donné plus de détails.
Bien que tous ces éléments préjugent d'un processus électoral "gravement vicié" ne garantissant pas "un scrutin libre et honnête", le principal parti de l'opposition togolaise a, tout de même, continué à appeler ses militants à participer "massivement" au processus de révision des listes électorales en cours.
Aucune réaction n'a pu être enregistrée de la part de la CENI ni de la part du Gouvernement jusqu'à 22:00 GMT.
Selon le président de la CENI, ce sont 3.5 millions de Togolais qui seraient inscrits au terme de cette opération de révision électorale, devant prendre fin le 23 février, et qui concerne les nouveaux élus ainsi que les jeunes qui ont atteint l'âge légal de vote, soit 18 ans.
A quelques semaines de l'élection présidentielle, devant opposer, notamment, le président sortant, Faure Gnassingbé et le leader de l'opposition Jean-Pierre Fabre, le Togo vit sous tension politique née autour de la réclamation, par l'opposition, de révisions institutionnelles.
Celles-ci, concernent la limitation rétroactive des mandats présidentiels, un mode de scrutin à deux tours pour la présidentielle ainsi qu'un changement dans le mode de désignation des juges de la Cour constitutionnelle, instance chargée de proclamer les résultats définitifs des élections, nommés actuellement par le Parlement et le Président de la République.