AA/ Kigali/ Fulgence Niyonagize
En visite à Kigali depuis lundi, Maïna Kiai, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit de réunion pacifique et d'association, a exhorté le Gouvernement rwandais à manifester "des signes d'ouverture politique" en supprimant les contraintes grevant la liberté d’association et l'ouverture de l'espace démocratique devant les opposants.
« L’inscription d’une société commerciale au Rwanda ne dure que six heures. Mais pour inscrire une ONG, il faut au moins trente jours. Il a fallu à un parti politique 4 ans pour être inscrit définitivement [allusion à Green Party, un parti d’opposition rwandais, Ndlr]», a lâché le rapporteur kenyan des Nations Unies, mardi soir, dans une conférence de presse tenue avec les autorités rwandaises et des organisations de la société civile.
Pour sa part, Eugène Rusanganwa, chargé de la mise en exécution des recommandations de l'ONU au sein du ministère de la justice, a précisé que les autorités rwandaises n'entendent pas apporter des restrictions à la constitution des partis politiques.
«La loi spécifie les documents nécessaires à l’inscription des partis politiques comme à l’inscription des sociétés commerciales.» a-t-il justifié, lors du même point de presse.
«Le Rwanda a fait preuve de sa capacité de se reconstruire. De même nous sommes conscients que vous pouvez faire plus pour l’ouverture de l’espace démocratique. L’opposition ne veut pas nécessairement dire mettre de côté le pouvoir existant mais laisser place à la diversité des idées» a rajouté le rapporteur spécial des Nations Unies.
Cette visite de deux jours sur invitation du ministre de la justice survient alors que le Rwanda prépare un nouveau rapport qu'il présentera devant la commission des Nations Unies pour les droits de l’homme en novembre prochain lors de l’Examen Périodique Universel. En 2011, sur les 73 recommandations du Conseil des Droit de l'homme des Nations Unies, liées aux libertés politiques et publiques, le Rwanda avait accepté de travailler sur 67 d’entre elles.
En visite à Kigali, en janvier dernier, pour évaluer la législation rwandaise et les pratiques, Kiai s’était également inquiété de dispositions législatives restreignant la liberté d'association à l'instar de l'autorisation préalable à l'organisation de réunions publiques pour laquelle tout manquement peut être assorti d'une peine de prison, ainsi qu'il ressort d'un rapport faisant suite à cette visite, rendu public par les services du rapporteur, en juin dernier.