AA / Dahuk / Emrah Yorulmaz
Le ministère irakien de l’Immigration et des Déplacés a exprimé, lundi, son « inquiétude » face à d’éventuels «transformations démographiques» majeures qui pourraient survenir à cause des déplacements continus et croissant de familles irakiennes.
Le Vice-ministre de l’immigration, Salam al-Khafaji, a déclaré de son côté, à l’agence Anadolu qu’il « est nécessaire de mettre en place une stratégie urgente pour arrêter les déplacements". Il faudra, selon lui " assurer la sécurité des régions afin d'empêcher les familles de les quitter vers d’autres provinces. Ainsi on préservera la structure démographique des provinces qui commencent à être désertées par la population ».
Un grand nombre de déplacés continuent d’affluer vers les villes de «Erbil» et de «Dahuk», dans le district du Nord de l’Irak, fuyant la région de Sinjar à Mossoul, et les villages avoisinants tombés aux mains de groupes armés dirigés par l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Auparavant contrôlée par les forces Peshmergas, Sinjar est tombée aux mains de l’EIIL, provoquant une nouvelle vague de déplacements, selon le correspondant d'Anadolu.
De longues files de voitures et de véhicules en tous genres, se sont formées aux portes de Dahuk et d'Erbil. Des milliers de personnes, dont des Arabes, des Turkmènes de Tal Afar et des Yézidis kurdes, ont fui les régions contrôlées par l’EIIL.
Un des déplacés, Derwiche Daoud, a déclaré au correspondant d’Anadolu: "Nous avons pris la route vers Dahuk, dimanche à huit heures du matin. Quand nous avons appris que la route Sinjar-Zakhou est contrôlée par l’EIIL, nous avons été contraints de traverser la frontière vers le côté syrien. Les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont assuré notre protection jusqu’à Dahuk, tout au long de la frontière syrienne».
Près de 1000 éléments des forces Peshmergas, qui avaient traversé la frontière vers les régions syriennes contrôlées par l’YPG, sont revenus lundi au côté irakien à bord de centaines de véhicules. Ils avaient dû rejoindre le côté syrien pour sauver leur vie, après leur retrait devant l’EIIL et l’épuisement de leurs munitions.
« Ces déplacements auront des conséquences négatives sur la société et la cohabitation pacifique en Irak », a souligné al-Khafaji.
L’Irak souffre d’une situation sécuritaire hautement détériorée qui a généré, selon le Haut Commissariat des Droits de l’Homme relevant de l’ONU, le déplacement de 1 million 250 mille personnes des zones de tension.