AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La coalition internationale a affirmé mardi avoir fait des avancées contre Daech en Syrie et en Irak dans son combat de ''long terme'' et dorénavant avec une meilleure coopération avec le gouvernement central irakien.
S'exprimant à l'issue de la Réunion restreinte de la Coalition internationale contre Daech, tenue dans la capitale française, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, Haïder al-Abadi, Premier ministre irakien et Anthony Aiken, Secrétaire d'Etat adjoint américain, ont mis en avant les nouvelles mesures pour entraver l'avancée de Daech, essentiellement en Irak.
Fabius et Aiken se sont félicités à cet égard du plan Anbar, approuvé le 18 mai par le Conseil des ministres irakien, qui vise à soutenir les combattants tribaux dans la province d'Anbar contre Daech et à réunir les forces irakiennes qui participent à la libération d'Anbar sous l'autorité d'al-Abadi.
''Il s'agit du bon plan pour l'Irak à la fois à l'échelle politique et militaire'', a martelé Aiken, qui remplace le Secrétaire d'Etat John Kerry, de retour aux Etats-Unis suite à sa fracture à la jambe dans les Alpes françaises.
Aiken a par ailleurs insisté que la Coalition a fait des ''vrais progrès'' depuis sa formation, rappelant que Daech a perdu le contrôle ''25% de territoires en Irak'' mais aussi un nombre considérable de combattants et de matériel, en l'espace de neuf mois.
La Coalition internationale s'apprête aussi à livrer dès cette semaine des véhicules antichars aux autorités irakiennes dans la ville de Ramadi, dont cherche à s'emparer Daech, a fait savoir le Secrétaire d'Etat adjoint.
Les pays de la Coalition, la France en particulier, se sont aussi montrés volontaires à inclure désormais un plan d'action pour les personnes déplacées et pour la protection du patrimoine culturel. La France envisage ainsi d'accueillir une réunion de haut niveau à Paris pour présenter une charte d'action sur la protection des communautés ethniques et religieuses au Moyen-Orient, a annoncé Fabius.
Finalement, interrogés sur les accusations du quotidien turc selon lesquelles la Turquie livre des armes aux groupes terroristes en Syrie, Fabius et Aiken ont rejeté de telles revendications.
''Il n'est pas question de se livrer dans des livraisons d'armes vis-à-vis de Daech, c'est notre adversaire'', a souligné le chef de la diplomatie française.
Aiken a noté de son côté que les membres de la Coalition ''se sont concentrés aujourd'hui sur les efforts entrepris ensemble, y compris avec la Turquie pour arrêter le flux des combattants étrangers à travers les frontières turco-syrienne et turco-irakienne''.
En janvier 2014, sept camions du MIT avaient été arrêtés par les gendarmes à deux reprises dans les villes d'Adana et de Hatay (sud), alors que la loi turque sur la sécurité nationale interdit un tel acte. Dans l'un des deux cas, les véhicules avaient été arrêtés sur une dénonciation selon laquelle ils transportaient du matériel suspect en Syrie, une allégation que le gouvernement turc rejette catégoriquement.
La semaine dernière, le quotidien Cumhuriyet a diffusé des images, prétendant révèler le contenu des camions en question. L'opposition a soutenu ces propos. Le Parquet de la République à Istanbul a lancé une enquête sur le directeur de la diffusion générale du quotidien, Can Dundar.