AA / Le Caire / Hazm Badr
Nasser al-Qudwa, représentant du Secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes (LEA) pour la Libye a souligné « qu’il n’y a aucun intérêt à prendre parti en faveur d’un des protagonistes de la crise libyenne ».
Al-Qudwa répondait à une question de l’Agence Anadolu sur l’absence d’un communiqué clair de la Ligue qui soutiendrait le gouvernement libyen élu, tel que cela s’était produit, une première fois, en février dernier, lorsque le général Khalifa Haftar avait commis, ce qui avait été baptisé par les médias, de «coup d’Etat télévisé».
S’exprimant en conférence de presse animée mardi, au siège de la LEA au Caire, al-Qudwa a précisé : «Nous ne voulons pas prendre parti en faveur de quiconque…Nous œuvrons à favoriser le dialogue et le consensus et à identifier une plateforme commune pour mettre un terme à l’effusion de sang, rôle que nous ne pourrions pas accomplir si nous prenions un parti-pris en faveur d’un des protagonistes».
Quant à la nature du rôle accompli, en ce moment, par la Ligue, le diplomate a indiqué: « j’aurais souhaité m’envoler immédiatement en Libye pour effectuer des rencontres directes avec les parties de la crise. Cependant, les responsables libyens m’ont conseillé de reporter la visite et je me contente, par conséquent, de m’entretenir avec les différents protagonistes par téléphone ».
« La Ligue arabe adopte dans le traitement de la crise libyenne une approche appelant au dialogue et favorisant les solutions politiques», a-t-il encore dit, ajoutant : «Nous sommes convaincus que la crise ne sera pas résolue par la violence ou l’usage de la force».
Quant aux informations propagées et relatives à une éventuelle ingérence de plusieurs pays arabes dans cette crise, al-Qudwa a souligné : « l’intervention de l’armée égyptienne est infondée et le gouvernement du Caire a catégoriquement réfuté ces rumeurs. Cependant, l’Egypte est en droit de protéger et de sécuriser ses frontières».
Nasser al-Qudwa a exclu, par ailleurs, l’envoi de forces armées arabes en Libye, soulignant : « la Ligue pourrait seulement appuyer la Libye en matière sécuritaire et dans la restructuration de son armée, à condition qu’une demande expresse soit faite, dans ce sens, par les Libyens eux-mêmes ».
La ville de Benghazi vit, depuis vendredi dernier, au rythme d’accrochages armés entre des forces partisanes du général à la retraite Khalifa Haftar d’une part, et des combattants parmi les révolutionnaires et des éléments d’obédience islamique d’autre part, qui relèvent de l’état-major de l’armée, dans une tentative de prendre le contrôle de la ville.
Les combats ont fait 75 morts et 136 blessés selon le ministère libyen de la Santé.