AA/Tripoli/Mohamed Abdallah
Le gouvernement libyen de salut national, issu du Congrès Général National (CNG) a dénoncé les bombardements menés lundi par l’aviation du gouvernement de Tobrouk, visant des cibles «civiles» dans la ville de Tarhouna (ouest).
Dans un communiqué publié lundi soir, le gouvernement du salut national a qualifié l’attaque, d’un « autre crime de Haftar, qui se rajoute à la liste de ses forfaits à l’encontre du peuple de Libye et des pays voisins ». Le communiqué a fait «endosser l'entière responsabilité de cette attaque à au parlement de Tobrouk et au gouvernement qui en émane ».
Le gouvernement du salut national a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités envers le peuple libyen, lui demandant de condamner ces actes, d’y mettre un terme, et de traduire les coupables en justice.
Le gouvernement s’est également engagé à «faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à ces attaques»
Un avion de chasse a bombardé lundi la zone d’Om Rashrash, dans la ville de Tarhouna, pour viser, selon un communiqué du Conseil municipal, des camps de déplacés de Tawergha.
A ce sujet, l'ambassadeur des Etats Unis en Libye, Deborah Jones, a évoqué sur son compte Twitter, «d’horribles nouvelles de Tarhouna», faisant état de «huit innocents tués parmi les déplacés de Tawergha», soulignant que «la violence n’est dans l’intérêt de personne».
La diplomate a fini par fermer son compte en raison de la vague d’attaques que lui ont valu ses commentaires.
Pour sa part, le colonel Ahmed Messmari, porte-parole de l'état-major de l'armée du gouvernement de Tobrouk (est de la Libye), a critiqué les propos de l’ambassadeur US en Libye au sujet des événements de Tarhouna. Le colonel a ajouté, dans un communiqué repris par les médias que «ces allégations faisant état de bombardements du camp de Tawergha sont dénuées de toute vérité. Il s’agit d’une falsification des réalités, destinée à soutenir les milices terroristes».
Deux autorités se disputent le pouvoir en Libye: le gouvernement provisoire conduit par Abdallah al-Thani, issu du Parlement de Tobrouk (libéral), et le gouvernement du Salut National issu du Congrès National Général et conduit par Omar al-Hassi, à Tripoli (d’obédience islamique).
Ce conflit a généré une crise sécuritaire et politique multidimensionnelle sans précédent dans le pays, causée notamment par la propagation des armes et la multiplication des groupes armées.