Ahmed Ghanem Selouma
18 Septembre 2016•Mise à jour: 19 Septembre 2016
AA/ Benghazi (Libye)/ Moataz Al-Mejbri
Des affrontements armés ont éclaté dans la région du Croissant pétrolier, dans le centre-est de la Libye, dimanche, entre les Gardes des installations pétrolières, relevant du gouvernement de consensus national, et les forces dirigées par Khalifa Haftar, émanant du Parlement de Tobrouk.
Les Gardes des installations pétrolières ont affirmé avoir repris le contrôle des zones qu’ils avaient perdu la semaine dernière, tandis que les forces de Hafat le démentent, soulignant avoir conservé la totalité des sites conquis.
Le porte-parole des Gardes des installations pétrolières, Ali Al-Hassi, a déclaré, dans un entretien téléphonique avec Anadolu, a annoncé avoir lancé une attaque-surprise contre les forces de Haftar, dans la région du Croissant pétrolier, faisant état de la reconquête du port pétrolier de Sidra et de la zone résidentielle de Ras Lanouf.
Al-Hassi a affirmé que les Gardes continuent de progresser afin de reprendre le contrôle des ports pétroliers restants de la région [dont les forces de Haftar s’étaient emparés la semaine dernière].
Les combats menés par les Gardes des installations pétrolières, dirigés par le commandant Ibrahim Jadhran, se poursuivent toujours (jusqu'à 09:30 GMT), a-t-il noté.
Il a ajouté : « les avions de guerre de l'ennemi [forces de Haftar] ont lancé plusieurs frappes aériennes, mais ne sont pas parvenues à repousser l'attaque menée simultanément sur plusieurs axes».
Pour sa part, le commandant opérationnel des forces du Parlement de Tobrouk, le colonel Mudhaffer Al-Maghribi, a démenti toute avancée des Gardes des installations pétrolières, soulignant que ceux-ci n’ont repris aucun des sites qu’ils avaient perdus la semaine dernière.
Al-Maghribi a affirmé, dans un entretien téléphonique avec Anadolu, que "ses forces s’attendaient à l’offensive" qui ne les a, à ses dires "en aucune manière surpris".
Les positions des forces de Haftar sont sécurisées, a-t-il souligné.
Aucune des deux parties n’a mentionné le bilan des pertes dans ses rangs.
Il n’a pas été possible dans l’immédiat de recueillir des données supplémentaires auprès d’une source indépendante, dans les zones contrôlées par les deux côtés.
Les forces du général Haftar, alliées au Parlement de Tobrouk, s’étaient emparées de plusieurs ports pétroliers situés entre les villes de Benghazi et de Syrte, au terme d’une opération militaire ayant duré trois jours (de dimanche à mardi derniers).
Les Etats-Unis et cinq pays européens, à savoir le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne ont dénoncé cette opération et appelé les troupes de Haftar à «se retirer immédiatement et sans conditions» du croissant pétrolier.