Safwene Grira
09 Novembre 2015•Mise à jour: 10 Novembre 2015
AA/ Bujumbura/ Yves Rukundo
Les opérations de désarmement se poursuivent lundi dans les quartiers contestataires de la capitale burundaise Bujumbura, après l'expiration de l'ultimatum des autorités aux insurgés pour déposer les armes, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Alors que le bilan de cette journée s'élève à deux morts, le défi sécuritaire se pose avec d'autant plus d'acuité pour le régime qu'il est isolé sur le plan international, en essuyant des critiques sur la gestion "répressive" de la crise politique.
Pusieurs dizaines de policiers et de militaires prennent part à ces opérations, lancées dimanche, et qui "se concentrent pour le moment dans la zone de Cibitike", dans le Nord de Bujumbura, selon le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurukliye, joint par Anadolu.
Des témoins ont affirmé à Anadolu que ces opérations se poursuivent également dans la zone de Musaga, dans le sud de la capitale. Un homme a trouvé la mort, lundi matin, abattu par les policiers, affirment des témoins.
"Les forces de l'ordre avaient reçu une information qu'un jeune était en possession de fusils. Arrivés sur place, une grenade a été lancée en direction des policiers. Alors qu'il s'apprêtait à en lancer une deuxième, l'assaillant a reçu une balle dans la tête et est mort sur le champ" précise dans une déclaration à Anadolu le porte-parole de la police.
Un fusil de type kalashnikov a été saisi, de même que quelques grenades, continue l'officier burundais, qui n'a pas précisé le bilan de cet affrontement, côté des forces de l'ordre.
Dimanche en début d'après-midi, la police avait présenté à la presse une dizaine de fusils et de grenades comme bilan de la fouille, dans la zone de Cibitoke.
Des habitants de ce quartier affirment toutefois que ces armes y ont été apportées par un pick-up de la police. Ils ont également dénoncé des pillages opérés par des policiers dans les maisons désertées.
Depuis jeudi, les principaux quartiers chauds de la capitale s'étaient vidés de leurs habitants, qui craignaient une violence répression à l'expiration de l'ulmtimatum lancé lundi par le Président Pierre Nkurunziza.
Ce message de "la dernière chance" avait fait l'objet d'une "mauvaise interprétation", selon un communiqué de la Présidence du Burundi, diffusé dimanche soir.
"Aucun passage du message n'augure la moindre violence", explique la même source.
Un nouveau cadavre, non encore identifié, a par ailleurs été découvert, lundi matin, aux environs du quartier Nyakabiga de Bujumbura.
Ces découvertes macabres font le quotidien des Bujumburais ces derniers mois fortement marqués par l'insécurité. Cette crise a été provoquée en avril dernier par une candidature très controversée du Président Nkurunziza. Plus de 200 morts ont été enregistrés depuis, selon des ONG locales.