Esma Ben Said
22 Janvier 2018•Mise à jour: 22 Janvier 2018
AA/Alger/Karim Kabir
Les ministres des Affaires étrangères du dialogue « 5+5 » en Méditerranée occidentale, réunis à Alger, ont exprimé leur soutien à une solution politique en Libye, loin de toute ingérence, selon une déclaration dite d’Alger qui a sanctionné leurs travaux.
«Les ministres ont réaffirmé leur position en faveur d’une solution politique à la crise en Libye loin de toute ingérence étrangère, basée sur le dialogue inclusif et la réconciliation nationale dans le cadre de l’accord politique du 17 décembre 2015, seul cadre viable de règlement de ce conflit sous l’égide des Nations-Unies », d’après le texte rendu public dimanche et repris par l’agence officielle, APS.
Tout en rappelant leur «plein soutien au Conseil présidentiel et au gouvernement d’entente nationale pour leurs efforts en faveur du rétablissement de la paix et de la sécurité en Libye et de la lutte contre le terrorisme ainsi qu’en faveur de la réconciliation nationale », les chefs de la diplomatie des « 5+5 » on exprimé «leur rejet de toute solution militaire en Libye et leur attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Libye, à sa souveraineté et à sa cohésion nationales ainsi qu’à la fondation et le renforcement d’institutions unies dont une armée nationale unifiée sous l’autorité civile ».
Les ministres ont, dans le même contexte, fait part de leur «préoccupation » face à la poursuite de la détérioration de la situation économique et humanitaire en Libye, invitant la communauté internationale ainsi que les partenaires internationaux et régionaux en Libye à «soutenir les efforts » du gouvernement d’entente nationale pour faire face aux besoins socio-économiques de la population libyenne.
Aussi ils ont exprimé leur «inquiétude » quant aux risques d’extension de la menace terroriste, du crime organisé transnationale et de l’Immigration clandestine, selon le texte.
Sur un autre registre, ils ont estimé que le développement, à travers la promotion de projets ayant un impact en termes d’emplois, constitue la clé pour la résolution des crises migratoires et sécuritaires dans la région.
Les ministres ont établi «le lien étroit entre la migration et le développement et confirment leur volonté de continuer à travailler pour une migration sûre, régulière et bien gérée».
Ils ont souligné, note le texte, «l’importance de la promotion de projets ayant un impact en termes de création d’emploi et de renforcement des capacités nationales ainsi que le traitement des causes profondes de la migration irrégulière ».
Les ministres ont convenu également d' «œuvrer en faveur d’une approche globale, concertée et équilibrée de la gestion des flux migratoires qui concilie la mobilité et la lutte contre la migration irrégulière, tout en intégrant les dimensions de sécurité et de développement économique et social ainsi que le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine ».
Par ailleurs, les participants ont souligné que le dialogue politique au sein du dialogue«5+5» «constitue le moyen idoine pour la recherche de solutions adaptées et efficaces aux crises et foyers de tension qui secouent la région », selon la déclaration.
Le Dialogue 5+5 regroupe les cinq pays de l'UMA (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie) pour la rive sud de la Méditerranée et l'Italie, la France, l'Espagne, le Portugal ainsi que Malte pour la rive Nord.