AA/Desk/Esma Ben Said
Le Président malien Ibrahim Boubacar Keita, se rend jeudi, à Gao dans le Nord-Mali, afin de s'entretenir avec les autorités locales et celles de la force onusienne Minusma, après une violente manifestation contre la mission de l'ONU qui a fait 3 morts à Gao, mardi, a appris Anadolu auprès de la présidence malienne.
Keita a donc renoncé à se rendre à la 24 ème session ordinaire du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), prévue les 30 et 31 janvier à Addis Abeba, capitale éthiopienne, pour se rendre à la place dans la plus grande ville du Nord Mali, théâtre de violences ces derniers jours.
"Cette visite a pour objectif de décrisper la situation face à la tension palpable existente entre les habitants et la Minusma", a indiqué une source politique à Anadolu.
"La protection du président malien sera assurée par les forces de sécurité maliennes et les casques bleus déployés dans la ville", précise la même source.
Depuis quelques jours la tension est vive à Gao. Mardi matin, trois personnes sont mortes et une quarantaine ont été blessés, lors d'une manifestation, selon des sources médicales et onusiennes.
Plus d'un millier de manifestants s'étaient rendus dans le quartier général de la Minusma à Gao, afin de protester contre un projet d'un accord de zone temporaire de sécurité que voulait signer la force onusienne et la coordination des mouvements de l'Azawad (CMA-plateforme réunissant des groupes armés séparatistes).
Les manifestants estimaient que cet accord, permettrait, sur le long terme, que les groupes armés séparatistes obtiennent l'autonomie de l'Azawad contre laquelle ils sont opposés.
Selon les témoignages recueillis par Anadolu, les manifestants avaient lancé des cailloux sur les casques bleus tandis que ces derniers ont répliqué par des tirs lacrymogènes. Certains manifestants ont assuré que les casques bleus avaient fait usage de tirs à balles réelles, action que la Minusma a, de son côté, formellement démenti.
A la suite de ces évènements, la Minusma a décidé de retirer son projet de zone temporaire de sécurité, à l’origine des manifestations, avait-elle informé lors d'un point de presse, mardi soir.