AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
La Turquie peut répondre à ses besoins en matière énergétique en fournissant des ressources de l’Afrique subsaharienne et développer en échange sa relation commerciale avec les pays de la région, a indiqué Selim Bora, président de la société turque Summa, à l’égard de la politique africaine de la Turquie.
Actuellement implanté en Libye, en Guinée équatoriale et au Sénégal, Bora a souligné que davantage d’entreprises turques devront s’installer en Afrique, en particulier en Afrique subsaharienne, un ‘nouveau terrain de jeu’’ pour les entreprises qui ‘’se limitait jusque récemment à l’hinterland culturel de la Turquie’’. Conscient du fait que les difficultés que pose la nouveauté de la région pour les turcs, Bora a ajouté qu’elle présente tout de même des avantages considérables.
L’investissement des entreprises turques en Afrique implique indirectement des bénéfices à d’autres compagnies turques en raison du fait qu’elles devront la plupart du temps fournir leur équipement depuis la Turquie, selon le président de Summa.
A l’égard de la réaction des africains face à l’engagement de plus en plus en actif de la Turquie dans le continent, en marge de la politique du partenariat lancée par le gouvernement turc en 2013, Bora a fait savoir que leur attitude n’était que positive.
‘’On nous demande en Afrique ce qui nous a pris tant de temps d’investir dans leurs pays’’, a affirmé Bora ajoutant que c’est surtout la vitesse et la qualité des projets turcs qui attirent l’attention.
Les pays d’Afrique de l’Ouest et d'Afrique subsaharienne sont intimement liés aux entreprises françaises, pourtant lassés du statu quo des échanges commerciaux, ils chercheraient des alternatives, selon Bora.
‘’La Turquie devient d'autant plus attractive en outre de la qualité des projets de ses entreprises en partageant la même religion qu’une grande partie des pays d’Afrique de l’Ouest’’, a-t-il précisé.
Les vols directs du Turkish Airlines vers la région ainsi que la libéralisation des régimes de visa entre la Turquie et les pays africains contribueraient également à l’approche accueillante chez plusieurs pays vis-à-vis les entreprises turques, d’après l’homme d’affaires turc.
L’union africaine avait déclaré la Turquie comme partenaire stratégique en 2008 et un sommet de coopération turco-africaine avait été organisé la même année à Istanbul. Durant le sommet, la Turquie et les pays africains étaient convenus pour l’organisation de sa deuxième édition, qui se tiendra bientôt à Malabo en Guinée équatoriale entre le 19 et 21 novembre.
Selon les précisions du ministère turc des Affaires étrangères, le volume commercial entre la Turquie et les pays d’Afrique subsaharienne a plus que décuplé en 13 ans, pour atteindre 7,5 milliards de dollars en 2013 par rapport à 742 millions de dollars en 2000.
A l’approche du 2e sommet du coopération, Bora a invité les entreprises turques à y participer notant que '’les réunions rassemblant les chefs d’Etat africains ne sont pas très fréquentes’’ et que le sommet présente ainsi une opportunité importante.
D’autre part, à l’égard de la direction dans laquelle pourra avancer le partenariat turco-africain, Selim Bora a suggéré l'octoi de davantage de prêts aux modalités pratiques de la part d’Eximbank (banque turque d’import-export) aux entreprises turques.
Bora a aussi évoqué l’exemple de la Chine, ‘’l’acteur économique le plus influent sur le continent pour le moment’’, qui attribue les prêts en échange des garanties sur l’exploitation des ressources énergétiques africaines. ‘’Les entreprises turques peuvent aussi suivre le même modèle qui permettra de fournir le besoin énergétique de la Turquie’’, a-t-il insisté.
L’Afrique subsaharienne devancerait la Russie d’ici 2040 en terme de production de gaz naturel, avec un volume de près de 175 milliards de mètres cubes par an, prévoit la dernière version du World Energy Outlook, rapport publié par l'Agence internationale de l'énergie en octobre 2014.
Le partenariat turco-africain pourra ainsi inclure d’autres pays d’Afrique subsaharienne dont l’Angola, la Zambie et la Namibie, ‘’ trois pays qui présentent de vastes opportunités’’, a conclu Selim Bora.