AA/Tripoli (Libye)
Le Parlement libyen de Tobrouk (Est) a appelé à une enquête des Nations Unies sur le rapport d’un groupe international de surveillance des droits de l’Homme affirmant que des armes interdites par le droit international ont été utilisées dans les combats actuels entre les rivaux politiques.
La commission des droits de l’Homme du Parlement a demandé lundi soir, au Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH) de procéder à une enquête sur un rapport de l’organisation Human Rights Watch (HRW) qui a cité des preuves de l’utilisation, dans le conflit libyen,d’armes prohibées au niveau international.
«La Communauté internationale a fermé les yeux sur l’utilisation par l’OTAN d’armes interdites au niveau international, comme prouvé par des rapports militaires internationaux» a indiqué le Parlement, faisant référence à une offensive aérienne de l’OTAN en Libye, durant le soulèvement populaire en 2011, contre l’ex-chef d’Etat libyen Mouammar Kadhafi.
«Le rapport [de HRW] n’a pas mentionné comment les chercheurs de l’organisation sont entrés en Libye ou quelles entités libyennes ont contribué aux résultats du rapports» a signalé le Parlement.
Dimanche, l’organisation internationale basée à New York a publié un rapport affirmant qu’il existait des preuves crédibles» de l’utilisation de bombes à fragmentation en décembre dernier, interdites par la Communauté internationale, à deux endroits en Libye.
«Des entretiens au téléphone avec des témoins et des preuves photographiques examinées par Human Right Watch indique que des restes de bombes à fragmentation RBK-250 PTAB 2.5M ont été retrouvés à Bin Jawad, en février 2015, et à Syrte, en mars » a soutenu le rapport.
«Le bon état de la peinture sur l’enveloppe de la bombe et l’absence d’importantes altérations dues aux intempéries indiquent que les restes n’ont pas été exposés à l’environnement pendant longtemps et que l’attaque était récente» a expliqué HRW.
«Les forces aériennes libyennes ont récemment bombardé les deux lieux [mentionnés précédemment], mais ont nié avoir utilisé des munitions à fragmentation. Il n’est pas possible de déterminer les responsabilités en se fondant sur les preuves disponibles» a conclu l’organisation internationale.
Depuis la chute du régime de Khaddafi en 2011 à la suite d'une révolution populaire armée, la Libye est en proie à des tensions politiques et des clivages idéologiques qui ont donné lieu à une sanglante guerre intestine.