AA/Abuja (Nigéria)
Le Nigéria a annoncé, jeudi, la création d’un comité présidentiel de vingt-huit membres chargé de revoir la politique nationale de défense pour la première fois depuis 2006, dans le cadre des efforts de lutte contre l’insurrection du groupe armé extrémiste Boko Haram.
«Les récents défis suggèrent que les forces armées du Nigéria n’ont pas répondu aux exigences de la Constitution concernant la mise en place de dispositions adéquates et efficaces pour une défense contre les agressions, le maintien de l’intégrité territoriale et la suppression de l’insurrection » a déclaré le ministre nigérian de la Défense, Aliyu Gusau.
Gusau a noté que la politique de défense nationale actuelle avait été établie en 2006 et nécessitait une révision étant donné que le pays avait subi de nombreuses transformations en termes de développement et de défis sécuritaires.
Le ministre a déclaré qu’un réexamen était nécessaire pour aligner la politique de défense aux nouveaux développements, et aux menaces émergentes et anticipées.
Le nouveau comité présidentiel, constitué de vingt-huit membres, est dirigé par le vice-maréchal de l'Air à la retraite, Mohammed Nda Umaru.
Le comité bénéficiera également de l’apport d’experts de la sécurité nationale, de la défense, de la société civile, de l’industrie et de la technologie.
Il devra soumettre douze copies de de la version préliminaire de son rapport pas plus tard que trois mois après la date de son inauguration.
Dans une vidéo diffusée le 24 août dernier, le prétendu chef de Boko Haram, Shekau, avait déclaré que son groupe avait formé un «Califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.
Le groupe extrémiste s’est, depuis, emparé de nombreuses villes et villages des trois Etats du nord-est du Nigéria, le Borno, Adamawa, et Yobe, les déclarant partie de leur «Califat».
Boko Haram contrôle, maintenant, douze zones rattachées à des Conseils locaux et plus de cinquante villes et villages à travers les trois Etats.
Des centaines de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection.
L'organisation, classée «terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du nord-est du Nigéria.