AA/Rabat (Maroc)
Le gouvernement marocain a rappelé son ambassadeur à Abuja, capitale du Nigéria, en raison d’une querelle diplomatique qui aurait été provoquée par un appel téléphonique entre le roi du Maroc Mohamed VI et le président nigérian, Goodluck Jonathan.
« Le roi [du Maroc] avait refusé une demande des autorités nigérianes pour accepter l’appel téléphonique» (du président Jonathan) a indiqué mardi soir, dans un communiqué, le ministère marocain des Affaires étrangères.
Le ministère a affirmé que le refus est intervenu «en raison de la position hostile du Nigéria envers l’intégrité territoriale du royaume du Maroc» en référence à la reconnaissance du Front Polisario par le Nigéria.
Le Front Polisario - forme abrégée de l'espagnol Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro) - est un mouvement politique et armé du Sahara occidental, créé en 1973 qui combat, depuis 1975, le Maroc pour le contrôle de la région du Sahara occidental.
«La cour royale marocaine rejette avec vigueur les fausses affirmations des autorités nigérianes concernant un appel téléphonique entre le roi et le président nigérian» a ajouté le communiqué du ministère.
Le Maroc fait partie des premiers pays à avoir reconnu et établi des relations diplomatiques avec le Nigéria lorsque le pays a obtenu son indépendance en 1960.
Cependant les relations entre Rabat et Abuja sont devenues tendues depuis que le Nigéria a reconnu le Front Polisario.
Le ministère marocain des Affaires étrangères a estimé, dans son communiqué, que la demande de Jonathan concernant une conversation téléphonique avec le roi Mohamed était une «manœuvre électorale» visant à attirer l'ampathie des électeurs musulmans à l’approche des élections générales au Nigéria, prévues pour le 28 mars.