Zehra Ulucak,Fuat Kabakçı,Nur Asena GÜLSOY
26 Mars 2016•Mise à jour: 27 Mars 2016
AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le langage hostile aux musulmans sert uniquement l'organisation terroriste Daech, selon le porte-parole de la Présidence de la République turque et Secrétaire général adjoint, Ibrahim Kalin.
Le porte-parole a rédigé un article pour l'édition de samedi du quotidien Daily Sabah, dans lequel il a abordé le fléau terroriste.
Selon Kalin, les pays musulmans et ceux de l'Occident doivent coopérer pour éliminer les organisations terroristes Daech ou al-Qaïda en Syrie en Irak, en Somalie, en France ou en Belgique.
Le terrorisme a révélé une nouvelle fois la nature fragile du monde actuel, par conséquent il faut adopter de nouvelles politiques contre le terrorisme ainsi que tous ses composants, d'après Kalin qui a appelé à tirer trois leçons des attaques inhumaines du 22 mars à Bruxelles.
D'abord, il faut réviser les stratégies appliquées contre Daech, qui ne permettent visiblement pas de l'éliminer, selon Kalin: "La guerre en Syrie continue à nourrir le monstre qu'est Daech. Tant que nous permettons cette guerre, le terrorisme de Daech deviendra davantage mortel. Ce groupe a atteint son niveau actuel de réseau et d'influence grâce aux graves problèmes sécuritaires et politiques en Irak, ainsi que la guerre en Syrie."
Ensuite, il ne faut pas faire de distinction entre les organisations terroristes en qualifiant certaines de "bonnes" et d'autres de "mauvaises", d'après le Secrétaire général adjoint.
"Il n'est ni moral ni logique de considérer comme terroriste Daech qui a visé Paris et Bruxelles, et de ne pas faire de même avec le PKK qui a attaqué deux fois [la capitale turque] Ankara en deux mois", a-t-il insisté, critiquant ainsi les pays de l'Union européenne (UE) de s'être laissés faire par le PKK.
"Le terrorisme du PKK ne peut pas être légitimé sous prétexte d'avoir combattu Daech en Syrie, a poursuivi Kalin. Les attaques d'Ankara et d'Istanbul ont démontré que même s'ils s'opposent sur les plans idéologique et politique, Daech et PKK ont trouvé un terrain commun contre la Turquie. Le partage de renseignements et la coopération jouent un rôle clé dans la prévention des actes futurs."
Kalin a rappelé que la Turquie a expulsé plus de trois milles personnes suspectées d'adhérer aux groupes terroristes et interdit à 37 000 autres (dont une majorité en provenance de l'Europe) d'entrer dans le pays, ces trois dernières années.
En dernier, chaque attaque terroriste donne des atouts aux réactions hostile à l'Islam ainsi qu'aux radicaux extrémistes, a noté Kalin, selon qui les islamophobes européens et américains ne perdent pas de temps pour manipuler les attaques et les sentiments hostiles aux musulmans, à des fins politiques.
"Les discours homogènes à propos de l'Islam et des musulmans sapent la lutte contre la violence et la radicalisation, a-t-il commenté. Cela provoque une aliénation et une radicalisation chez les musulmans. Cela ne résout aucun problème, et ne renforce pas notre sécurité. De plus, Daech pourra aussi attirer les aventuriers, les criminels et les marginaux qui ne s'adaptent pas à la société. La violence n'a pas besoin de la religion pour se justifier."
Une étude a démontré, selon Kalin, que les membres de l'extrême-droite tuent plus de gens que les terroristes présumés musulmans.
"Pire, l'islamophobie et le racisme anti-islamique sont devenus un point commun pour les membres de l'extrême gauche et droite, a-t-il regretté. Les groupes conservateurs d'extrême-droite lancent des appels ethnique et religieux, alors que les experts libéraux de la gauche se réfèrent au féminisme et au laïcisme pour cibler les musulmans. Ces alliés auparavant irréconciliables se rassemblent maintenant autour des clichés musulmans et islamiques."