Hafawa Rebhi
23 Août 2017•Mise à jour: 23 Août 2017
AA / Le Caire / Mohamed Mahmoud
L'Égypte a regretté mercredi la décision de Washington de réduire certains des fonds alloués au programme d'aide américain à l’Égypte, en la qualifiant de «mauvaise appréciation et de mélange de cartes».
La réponse du Caire a été communiquée par le ministère égyptien des Affaires étrangères, quelques heures après les déclarations de fonctionnaires américains sur l'intention des États-Unis d'annuler une partie de leur aide à l'Egypte et de geler l'autre partie.
Pour le Caire, la décision, soit par la réduction de fonds de la partie économique, soit par le report de décaissement de fonds de la composante militaire du programme, « reflète une sous-estimation de la nature de la relation stratégique entre les deux pays ».
En procédant ainsi, Washington fait preuve, aux yeux du Caire, « d’un manque de compréhension de l’importance de la stabilité de l’Égypte et de la nature des défis économiques et sécuritaires auxquels est confronté le peuple égyptien ».
La décision « est un mélange de cartes qui pourrait avoir des répercussions négatives sur les intérêts communs égypto-américains», a noté le ministère dans son communiqué.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a toutefois dit s’attendre à « une pleine appréciation de la part de Washington du programme d’aide et de son importance vitale pour la préservation des relations bilatérales longtemps fondées sur les principes établis des relations internationales et sur le respect mutuel ».
Mardi, deux responsables américains ont déclaré que les États-Unis «ont décidé de priver l'Egypte d'une aide de 95,7 millions de dollars et de retarder le décaissement de 195 millions de dollars en raison du manque de progrès dans le respect des droits de l'homme et des normes démocratiques».
La relation entre les États-Unis et l'Egypte est souvent décrite comme «forte et stratégique», notamment au niveau militaire. Depuis la signature en 1979 du traité de paix entre Israël et l’Égypte, Washington fournit au Caire une aide annuelle d'environ 1,5 milliard de dollars, dont 1,3 milliard de dollars sous forme d’aide militaire.