AA / Le Caire / Mohammed Al-Wali
L’Egypte a adressé d'acerbes critiques au Président turc, Recep Tayyip Erdoğan, sur fond de ses déclarations sur la situation en Egypte au cours de son intervention au Forum international mondial, dimanche, à Istanbul.
Dans un communiqué publié dans la soirée du dimanche, le ministère égyptien des Affaires étrangères a critiqué « la politique interne du Président turc », estimant que celui-ci « n'est pas en mesure de donner des leçons en matière de démocratie et de respect des droits de l’homme et qu’il n’a pas à s’autoproclamer tuteur de l’Egypte ».
« La réalité des choses en Turquie indique que durant ses longues années au pouvoir, le président turc n’a pas hésité à tranformer le système politique de l'État de parlementaire à semi-présidentiel et à modifier la constitution turque dans le dessein de rester au pouvoir pour les dix prochaines années, ce qui est loin d’être un comportement démocratique », poursuit le communiqué.
Le communiqué a également condamné, "avec la plus grande sévérité, les déclarations hostiles de la partie turque à l'égard d'un pays frère comme les Emirats Arabes Unis".
"Il ne s'agit pas d'une attaque l'Emirats seulement mais plutôt contre le reste des pays arabes », a dénoncé le département égyptien des Affaires étrangères.
Jeudi dernier, le ministère émirati des Affaires étrangères a vivement condamné les critiques adressées par le président turc à l'Egypte, dans son allocution, mercredi, devant l’Assemblée générale du conseil de Sécurité de l’ONU, à New York.
Le communiqué publié par l’agence de presse émiratie (WAM, officiel) a qualifié les déclarations d’Erdoğan d'une « ingérence flagrante dans les affaires intérieures de l’Egypte ».
Le Président turc avait déclaré, à New York, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, s’exprimant sur la situation en Egypte : " Devant des événements tels que le coup d’état contre un Président élu en Egypte et les massacres de milliers de personnes, l'Organisation des Nations Unies, ainsi que les pays démocratiques ont demeuré spectateurs, accordant une légitimité à ce coup d’état."
Samedi dernier, le ministère turc des Affaires étrangères a vivement critiqué le communiqué émis par son homologue émirati et l'a considéré comme étant « contraire aux pratiques diplomatiques et ne peut en aucune façon être accepté ».
Le communiqué a appelé le Président turc à ne plus « s’ingérer dans les affaires des autres », et à ne pas « s’autoproclamer tuteur et défenseur de la démocratie ».
Aucune réponse officielle de la partie turque n’a été publiée et ce jusqu’à 23 :05 GMT.