Hafawa Rebhi
14 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA / Manille / Hader Glang
Les délégués présents au 31ème sommet de l’Association des nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN) à Manille ont exprimé leur «profonde préoccupation au sujet du sort des musulmans Rohingyas», a indiqué la présidence philippine.
Lors d'une conférence de presse animée en marge du sommet, Harry Roque, le porte-parole présidentiel philippin, a indiqué que la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a confirmé que son pays faciliterait le retour des Rohingyas ayant fui vers le Bangladesh.
«Le retour des Rohingyas dans leur pays aura lieu trois semaines après que le gouvernement du Myanmar et le gouvernement bangladais se seront mis d'accord sur la question», a indiqué Roque aux journalistes locaux et internationaux.
Selon le responsable philippin, le Myanmar a réagi et il est même en train de traiter le rapport de Kofi Annan, que l’ancien secrétaire général de l’ONU avait remis en août dernier au gouvernement birman, à la suite d’une mission d’enquête sur les sur les violences faites contre les musulmans Rohingyas dans l’Etat d’Arakan.
«L'ASEAN a exprimé sa profonde préoccupation au sujet de la (situation critique) du peuple Rohingya», a ajouté Roque.
Le responsable philippin a à cet effet souligné la nécessité de l’assistance apportée par Manille, non seulement à la population de la ville philippine de Marawi, récemment libérée de l’emprise de Daech, mais également aux réfugiés Rohingyas.
Le ministre philippin des Affaires étrangères, Alan Peter Cayetano, a pour sa part déclaré que le Myanmar a sollicité l’assistance des pays de l'ASEAN et que Manille était prête à envoyer de l'aide humanitaire.
«Ce qui a été très fructueux lors du sommet de cette année, c'est que Myanmar a communiqué son besoin d'aide», a déclaré Cayetano lors d'une conférence de presse.
Les Philippines ont fait un don au Myanmar lors de la visite officielle du président Rodrigo Duterte à Nai Pei Tao, en mars denier.
Une aide humanitaire supplémentaire a été envoyée le 14 octobre dans le cadre du Centre de coordination de l’aide humanitaire de l’ASEAN, qui a été mis en place en février 2016.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar et les milices bouddhistes ont procèdent à des excactions et des attaques contre les musulmans Rohingyas dans l’Etat d’Arakan, tuant des milliers d'entre eux, selon des sources et des rapports locaux et internationaux concordants.
Le 10 novembre, l’OIM avait annoncé que le nombre de réfugiés Rohingyas dans les camps du Bangladesh a franchi la barre des 826 mille.
Le gouvernement du Myanmar considère les musulmans Rohingyas comme des « immigrants illégaux » du Bangladesh, tandis que les Nations Unies les classent comme la «minorité la plus persécutée du monde».