AA/Bangui/ Sylvestre Krock
Le plan d'urgence pour la réconciliation nationale et la cohésion sociale, fondé sur quatre pilliers, a été présenté, mercredi à Bangui, par la ministre de la communication et de la réconciliation nationale centrafricaine, Antoinette Montaigne, aux "partenaires" internationaux de ce plan.
« La situation de crise aigue qui prévaut actuellement en Centrafrique nécessite des mesures d’urgence pour faire baisser les tensions, arrêter les violences extrêmes et les tueries à caractère discriminant ainsi que les déplacements internes et à l’étranger des populations dont ceux de la population musulmane. » a déclaré devant la presse la ministre centrafricaine.
L’objectif de ce plan est d’ « apaiser de toute urgence les tensions sur tout le territoire national et de renforcer les capacités des leaders sociaux de base en matière de gestion pacifique des conflits ; reconstruire la confiance entre les communautés divisées par la crise et rétablir le contrat social entre les citoyens et l’Etat, à travers la restauration des autorités locales telles que les chefs de quartiers et de villages. » selon le préambule de ce Plan d’urgence.
Cette initiative est fondée sur quatre pilliers à savoir «la dissémination urgente de messages politiques sur les questions sécuritaires, d’impunité, de paix et de réconciliation », «la poursuite et intensification du dialogue avec les groupes armés et leurs dirigeants », «la transformation des dynamiques intergroupes dans les zones prioritaires » et « le dialogue direct avec les populations déplacées à l’intérieur du pays et réfugiés à l’étrangers », selon le préambule.
La ministre a annoncé la mise en place de comités qui seront chargés de mettre en application ce plan.
La cérémonie qui s’est déroulée dans la salle de conférence de la Primature à Bangui en présence de délégations diplomatiques, de représentants d'organisations humanitaires et d'organisations internationales, "partenaires" de ce plan, selon la ministre.
Babakar Gaye, chef du Bureau intégré des Nations unies en Centrafrique (BINUCA), s'est félicité, dans une déclaration à Anadolu, de cette initiative et a formulé le souhait de voir d'autres membres du Gouvernement s'engager dans pareille dynamique
« Je souhaite premièrement que les autres membres du gouvernement puissent s’approprier ce plan d’urgence et d’y adhérer; deuxièmement, il faudra que chaque action de ce plan soit replacée dans son contexte ; et enfin troisièmement je souhait qu’il y ait une programmation de toutes ces activités, qu’elles soient suivies et évaluées»
Tiré du cadre général de la Stratégie Globale de Réconciliation Nationale en République Centrafricaine, ce plan d’urgence a pour but de créer un impact immédiat et d’impulser le changement face à la situation qui prévaut dans ce pays, déchiré par un conflit politique, à dimension interconfessionnelle. Ce plan sera assorti de « mesures visant à rétablir la sécurité et à mettre fin à l’impunité », selon les autorités centrafricaines et aura pour coût global 10 millions de dollars, que financeront les différents partenaires.
Aucune réaction à cette initiative gouvernementale n'a encore été disponible auprès des parties concernées, notamment les anti-Balaka et les Seleka, en confrontation depuis fin 2013.