AA / Tunis / Adel Thabti – Hamdi Yildiz
Marzouk a démenti, par ailleurs, les rumeurs faisant état de la formation, durant l'automne prochain, d'un gouvernement composé uniquement d’éléments de son propre parti et de ceux du mouvement Ennahdha, soulignant qu’il n’y a pas eu de «discussion officielle à ce sujet, qui n’a pas encore été évoqué».
Il a poursuivi : «Un régime politique stable est nécessaire. Et le peuple tunisien nous a imposé d’œuvrer au sein d’un gouvernement qui associe des éléments de Nidaa Tounes à ceux d’Ennahdha. Parce que 37% des électeurs tunisiens ont voté pour Nida Tounes, et 27% pour Ennahdha. Les deux partis ont dû trouver une formule pour collaborer. Telle est la volonté des électeurs tunisiens».
Marzouk a souligné que son pays «ne connaitra pas la stabilité avec un gouvernement qui ne comprend pas Nidaa, qui a remporté la première place dans les élections, ou Ennahdha, qui est arrivé en deuxième position».
Il a affirmé : «Nous sommes pragmatiques. Nous nous considérons comme des néo-bourguibistes (en référence au premier président tunisien Habib Bourguiba). Et le néo-bourguibisme n’est pas une idéologie, mais une méthode de travail, basée sur le pragmatisme, le réalisme et une analyse correcte de la situation».
Commentant le rendement du ministère des Affaires étrangères au niveau du traitement du dossier libyen, Marzouk a déclaré: «Je pense que l'Etat tunisien, dans son ensemble, n'a pas fixé, jusqu’à présent, de stratégie équilibrée et appropriée au sujet de la Libye, en raison de la complexité de la situation dans ce pays».
Il a estimé "nécessaire la création d'une commission supérieure sur la question libyenne, formée par les ministères des Affaires étrangères, de l'Intérieur, et en collaboration avec des hommes d'affaires, pour élaborer une stratégie».
Marzouk a affirmé : «Lle ministre des Affaires étrangères, assume son rôle, selon les normes diplomatiques, mais la politique de la Tunisie à l’égard de la Libye n’est pas seulement une affaire de politique étrangère et de diplomatie. Les relations hors du contexte diplomatiques peuvent être encore plus importantes ».
Il a estimé que la politique de son pays envers la Libye devrait être fondée sur cinq principes : « le respect du processus politique en cours dans ce pays, le refus d'une intervention militaire, de traiter avec les parties libyennes sur la base du rejet du terrorisme, le respect des intérêts économiques communs entre les deux pays, de considérer comme fondamentales les relations de fraternité et de coopération entre les deux pays, et de lier tout cela à la légitimité internationale, dont nous ne pouvons pas nous écarter ».
Marzouk a déclaré, au sujet d’un éventuel «refroidissement des relations tuniso-algériennes» : «Nos relations sont au meilleur niveau. Il y a une semaine, l’ambassadeur d'Algérie en Tunisie, le moujahed (combattant) Abdelqader Hajjar m’a accueilli, et m'a affirmé que les relations économiques algéro-tunisienne ne se sont jamais aussi bien portées qu’aujourd'hui. La semaine dernière, nous avons signé des accords de la plus haute importance (dont la nature n’a pas été précisée), qui étaient bloqués depuis les années soixante».
Au sujet des relations de son pays avec la Turquie, Marzouk a souligné «Les liens historiques entre les peuples tunisiens et turcs», qualifiant de «solides» les « relations économiques, et sociales » entre les deux Etats, exprimant, à travers Anadolu, «tous les sentiments de respect, d’affection et de fierté pour le grand peuple turc».
Mohsen Marzouk a dirigé la campagne électorale de l'actuel président de Béji Caïd Essebsi. Il s’était distingué, au cours de ses études universitaires, à la fin des années quatre-vingt, par son activisme au sein des groupes d'extrême-gauche. Le jeune politicien (50 ans) a accédé, en mai dernier, à la plus haute position au sein de son parti, Nidaa Tounes, qui dirige la coalition au pouvoir en Tunisie, en succédant à l’actuel ministre des Affaires étrangères, Taieb Baccouche, au poste de Secrétaire général.