AA/ Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
Une vague d’incendies ciblant les domiciles de hauts responsables burkinabé faisant partie du régime du président Blaise Compaoré a secoué jeudi Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso et d’autres régions du pays.
Des milliers de manifestants soulevés contre le projet de loi initié par le président burkinabé et son gouvernement, portant modification de l’article 37 de la Constitution afin de permettre à Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2015, ont mis le feu aux domiciles du secrétaire général du CDP, parti au pouvoir, Assimi Koanda et de la présidente de la Chambre du commerce du Burkina, Alizeta Gando, à Ouagadougou.
Parallèlement, d’autres manifestants ont incendié le domicile du ministre de la Communication, Alain Edouard Traore qualifié par certains Burkinabé de « porte-voix de la dictature », à Banfora, dans le Sud-est du pays.
Ces incidents sont intervenus lors d’une journée mouvementée au Burkina Faso, ayant enregistré le soulèvement de plusieurs milliers de manifestants dépêchés par l’opposition contre le projet de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, qui devait être débattu jeudi matin à l’Assemblée nationale, avant d'annoncer "le retrait du projet de loi" en question par le gouvernement.
Il y a lieu de noter que les manifestants ont saccagé depuis jeudi matin l’Assemblée nationale y mettant le feu, puis, ils ont saccagé et pillé les locaux de la télévision burkinabé qui a, depuis, cessé d’émettre.
Dans la foulée, un hôtel abritant les députés du parti au pouvoir dirigé par Blaise Compaoré a également été incendié, à Ouagadougou.
Larticle 37 de la Constitution burkinabé limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Ce qui rend Blaise Compaoré inéligible pour ce qui est des élections présidentielles de 2015.
Depuis plusieurs semaines, la volonté du Président Compaoré de se maintenir au pouvoir après 27 ans suscite la colère de l’opposition, d’une grande partie de la société civile et de nombreux jeunes de ce pays, où plus de 60% des 17 millions d’habitants ont moins de 25 ans et n’ont jamais connu un autre dirigeant.
Le gouvernement n'a toujours pas émis de réactions, outre l'annonce du retrait du projet de loi en question, à propos de la situation actuelle que vit le Burkina Faso (jusqu'à 13.30 gmt).