Fatma Bendhaou
30 Mai 2022•Mise à jour: 31 Mai 2022
AA / Paris / Ümit Dönmez
Gazprom, le géant gazier russe, a annoncé, lundi, sa décision de suspendre à partir de mardi, les livraisons de gaz naturel au fournisseur semi-public néerlandais GasTerra, a rapporté ce dernier par voie de communiqué.
La compagnie néerlandaise a indiqué que la compagnie russe d'extraction, de traitement et de transport de gaz naturel "interromprait l'approvisionnement à compter du 31 mai 2022" à GasTerra, qui avait refusé de payer ses achats en roubles, comme exigé par les autorités russes.
"GasTerra a exhorté à plusieurs reprises Gazprom à respecter la structure de paiement et les obligations de livraison convenues par contrat, malheureusement en vain", a annoncé la firme néerlandaise qui a précisé avoir "anticipé" cette interruption de livraison, "en achetant ailleurs".
GasTerra a expliqué son choix de ne pas se conformer "à ces exigences de paiement" car celles-ci présentent "un risque de violation des sanctions élaborées par l'Union européenne" contre la Russie suite à la guerre lancée par la Russie en Ukraine le 24 février dernier, ainsi que du fait des "risques financiers et opérationnels" que cela impliquerait pour la compagnie néerlandaise.
Le fournisseur néerlandais a précisé, qu'en conséquence de la décision de Gazprom, "2 milliards de mètres cubes de gaz ne seront pas fournis aux Pays-Bas d'ici à octobre".
Les Pays-Bas achètent environ 15 % de leur gaz naturel à la Russie, selon les chiffres officiels, soit environ 6 milliards de mètres cubes, en rythme annuel.
En réponses aux sanctions, notamment des pays occidentaux, imposées à la Russie, suite à la guerre en Ukraine, Moscou avait décidé de réagir en imposant le paiement en roubles pour ses exportations de gaz naturel vers ces pays, en non en dollars ou en euros, comme convenu dans les contrats en vigueur.
Moscou avait menacé d'interrompre ses livraisons à tout pays refusant de se soumettre à cette obligation. Dans ce contexte, plusieurs pays européens tels que la Bulgarie et la Finlande ont déjà fait l'objet de l'interruption des livraisons russes.