Abdel Ra'ouf Daoud Abdel Ra'uof Arnaout
21 Février 2018•Mise à jour: 22 Février 2018
AA/ Jérusalem/ Abdel Ra'uof Arnaout
Selon des sources au sein du gouvernement israélien, il est probable que le Premier ministre Benyamin Netanyahu décide de tenir des élections anticipées, après que l’un de ses ex-collaborateurs avait accepté de témoigner contre lui dans une affaire de corruption. Netanyahu fait déjà face au témoignage d’Esther Hayut, présidente de la Cour suprême.
Shlomo Filber, ex-directeur général du ministère israélien des Communications a signé, dans la nuit de mardi à mercredi, un accord qu’en vertu duquel, il devient un témoin dans l’affaire "4000" relative au site d’information "Walla" appartenant à la société de télécommunications "Bezeq".
Cette signature coïncide avec la déposition, mardi soir devant la police, de la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, dans le cadre d’une autre affaire de corruption imputable à Netanyahu.
La radio israélienne a rapporté, mercredi, citant des sources dans la coalition gouvernementale, tout en taisant leurs identités qu’il serait probable selon ces-dernières que le Premier ministre décide de tenir des élections anticipées au cours de l’année 2018.
Les dernières élections étaient tenues en 2015, ainsi le mandat de la Knesset actuelle s’achèvera à la fin de l’année 2019.
Avi Gabbay, leader de l’opposition israélienne a déclaré que "l’ère de Netanyahu a pris fin", appelant ainsi les membres de son parti à se préparer pour la tenue d’éventuelles élections.
"L'ère de Netanyahu est terminée. Le processus de guérison et de réforme de la société israélienne serait long et pas évident. Cependant, nous le ferons ensemble", a lancé Gabbay dans un communiqué dont Anadolu a eu une copie.
D’autre part, Oren Hazan, membre de la Knesset issu du Likoud, a appelé, mercredi matin, le Premier ministre israélien à demander des jours de repos.
Intervenant sur les ondes de la radio israélienne, Hazan a déclaré que "cette mesure pourrait épargner Netanyahu et le parti Likoud une confusion majeure".
"Le gouvernement devrait choisir la personne qui succèdera à Netanyahu", a-t-il ajouté.
"Je crains que les soupçons de corruption puissent faire perdre le pouvoir au Likoud, ce qui signifierait la perte de la terre d’Israël", a renchéri Hazan.
Par ailleurs, le député arabe de premier plan au sein de la Knesset, Ahmed Tibi, a publié, mercredi matin, sur son compte officiel Twitter : "Shlomo Filber, le proche de Netanyahu avait signé un accord de témoin. Est-ce la fin de l’ère de Netanyahu ? ".
Quant au quotidien israélien "Haaretz", il a rapporté que "la police a atteint la Black Box de Netanyahu et qu’il n’est pas question de faire des pas en arrière".
Dans un autre contexte, la radio israélienne a rapporté, mercredi matin, que la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, a fait une déclaration, mardi soir, devant la police sur une affaire de corruption imputable à Netanyahu.
Dans l’affaire en question, un ancien porte-parole du Premier ministre Netanyahu et de sa famille est soupçonné d’avoir proposé un marché pour donner à la juge, Hila Gerstel, le poste de procureur général si elle acceptait de mettre fin à une enquête sur la femme de Netanyahu, Sara, a ajouté la source.
La radio a indiqué que "depuis 3 ans Gerstel avait signalé cette proposition à Hayut".
La source a ajouté que la juge Hayut a indiqué en marge de sa déposition, qu’elle n’avait pas pris de mesure à l’époque, faute de manque d’informations.
Quant à Netanyahu, il a nié, mardi soir, les accusations qui ont été dressées à son encontre, relatives à l’affaire de Grestel et de la société de télécommunications "Bezeq". Il les a qualifiées d’allégations mensongères et délirantes qui s’inscrivent dans la campagne de persécution contre lui et sa famille, une campagne qui perdure depuis des années, selon ses dires.