AA/Bujumbura/Rénovat Ndabashinze-Jean Bosco
La Belgique a décidé de suspendre son soutien au processus électoral au Burundi, a annoncé le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, cité par des médias belges.
Cette décision a été saluée par les leaders de l’opposition et de la société civile burundaises ainsi que par les frondeurs du parti présidentiel.
La suspension par la Belgique de son appui au processus électoral au Burundi a été motivée par la "situation actuelle que vit ce pays, secoué depuis le 26 avril dernier, par des manifestations violentes contre le troisième mandat de l’actuel président Pierre Nkurinziza", selon le ministère belge de la Coopération.
"La coopération belge au développement avait prévu un budget de 4,4 millions de dollars pour soutenir les élections au Burundi. Une première tranche de 2, 2 millions a déjà été versée. Dans les circonstances actuelles, le versement de la tranche restante de 2 millions doit être suspendu", a déclaré le ministre belge de la coopération.
De Croo a, en, outre, annoncé que "la Belgique, premier partenaire bilatéral du processus électoral a, également interrompu sa coopération policière avec Bujumbura".
"La Belgique est un pays qui a une vieille tradition démocratique, il ne saura accepter que la loi soit violée alors que le peuple est dans la rue pour revendiquer sa dignité", a déclaré, lundi, à Anadolu Léonidas Hatungimana, ancien porte-parole du président Nkurunziza et un des frondeurs du parti au pouvoir Conseil national de défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-Fdd).
Il a, en outre, estimé que "Cette suspension de l’appui au processus électoral montre bel et bien que les partenaires du Burundi ont, déjà, compris qu’il y aurait une fraude massive lors des prochaines élections".
"La communauté internationale ne peut pas laisser Nkurunziza piétiner l’Accord d’Arusha alors qu’elle a participé à son aboutissement en 2000", a, de son côté, relevé, dans une déclaration à Anadolu, Léonce Ngendakumana, président du principal parti de l'opposition burundaise, Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu).
Contacté par Anadolu, Gaston Sindimwo, secrétaire général du l’Union pour le progrès national (Uprona), principal parti tutsi du Burundi (proche du parti au pouvoir), a, quant à lui, relevé "il est de leur droit de suspendre cet appui au processus électoral. Mais, il revient à l’Etat de chercher d’autres partenaires pour que les élections se déroulent dans les meilleures conditions".
Sindimwo a, ajouté "les Blancs ne devraient pas se hisser en donneurs de leçons au profit des Burundais et des autres pays africains", accusant "Les pays riches de chercher, souvent, à imposer leurs propres lois aux pays africains".
Aucun commentaire n'a été fait par le gouvernement sur cette décision, prise par la Belgique, jusqu'à 12h52 GMT.