AA/Ouagadougou/Lougri Dimtalba
L’opposition politique et la société civile burkinabè ont salué la médiation entreprise mercredi soir, par une délégation de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest, (CEDEAO), en vue d’amorcer une transition civile et démocratique dans les meilleurs délais.
« Nous avons été sensibles à leur compréhension de la situation du pays. (…) . Leur manière de travailler nous a touché », s’est réjoui dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef de file de l’opposition politique Burkinabè, Zéphirin Diabré, à l’issue d’une rencontre, avec les médiateurs de la CEDEAO.
Cinq jours après la fuite de l’ex-président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir, suite à un soulèvement populaire appuyé par l'armée, des négociations ont été conduites par les facilitateurs de l'Union africaine (UA), par le président ghanéen John Dramani Mahama, le président sénégalais Macky Sall et le président nigérian Jonathan Goodluck, ainsi que le président par intérim, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, pour trouver une issue à la crise qui secoue le pays.
Au sortir de cette concertation qui a duré plus de 10 heures, les médiateurs ont avant tout appelé au rétablissement de l'ordre constitutionnel qui avait été suspendu par le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida. Ils ont également plaidé pour la nomination d’une éminente personnalité civile « consensusuelle » pour présider la transition et l’organisation d’élections présidentielle et législative d’ici novembre 2015.
« Chaque pays a sa particularité et ils (les médiateurs) ont bien compris qu’il s’agissait ici d’un soulèvement populaire et non pas d'un coup d’Etat. Nous nous sommes entendus avec eux pour prendre le temps de nous concerter en tant que Burkinabè, pour proposer des personnes qui peuvent être habilité à diriger notre pays pendant cette transition », a assuré Diabré.
« Nous avons mis en place l’infrastructure qui doit statuer sur cette question (…) et le travail sera achevé rapidement », a-t-il encore promis.
Lors de cette rencontre, la société civile et l’opposition avaient momentanément quitté la table des négociations, irrités par la présence des partisans de l’ex-régime, pour ensuite retourner dans la salle après que l'ex-majorité a été exclue des concertations chapeautées par la CEDEAO.
Après les concertations de Ouagadougou avec les différents acteurs politico-militaires de la crise au Burkina, la délégation de la CEDEAO s'est envolée pour Accra (le Ghna), pour animer, jeudi et vendredi, un sommet extraordinaire sur le Burkina Faso avec la participation de leurs homologues de la sous-région.