AA/Le Caire (Egypte)/ Hagar al-Dosoki
Le ministre éthiopien de l’Eau, de l’Irrigation et de l’Energie, Alemayehu Tegenu, a déclaré que son gouvernement «gardait un esprit et un cœur ouvert» dans l’attente des résultats de la réunion du Comité technique tripartite, jeudi, au Caire, pour discuter du méga-barrage de la Renaissance en cours de construction sur le fleuve du Nil.
« Nous sommes très heureux de cette série de négociations et des résultats attendus, qui devraient déterminer le choix d’un bureau d'experts-conseil international [pour le projet de barrage] en accord avec l’Egypte et le Soudan » a déclaré, à l’Agence Anadolu (AA), Tegenu, avant la réunion du comité technique, tenu jeudi et vendredi au Caire.
Lors de son discours d’ouverture, le ministre a souligné que l’Ethiopie «n’a aucune intention de nuire à aucun pays» insistant sur le fait que les trois pays prenant part à la réunion « doivent profiter des eaux du Nil ».
Le ministre soudanais de l’Irrigation, Moataz Moussa, a, pour sa part, déclaré à Anadolu que Khartoum préfère jouer le rôle de «médiateur» concernant le mégaprojet éthiopien.
Moussa a également confirmé la décision du Soudan de ne pas ratifier l’Accord-cadre global signé par des pays en amont du bassin du Nil, connu sous le nom d'Accord d'Entebbe.
En 2010, les Etats en amont du Nil - l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie – ont signé l’Accord d’Entebbe dans l’objectif d’augmenter leurs traditionnelles parts respectives des eaux du Nil.
L’année suivante, le Burundi s’est joint aux pays signataires de cet accord-cadre global qui vise à remplacer un Traité de 1959, datant de l’ère coloniale, accordant à l’Egypte et au Soudan les parts les plus importantes des eaux du Nil.
Ces deux derniers pays ont pour leur part rejeté l’Accord d’Entebbe de crainte qu’il n’affecte leurs quotas des eaux.
« Nous continuerons à négocier aussi longtemps qu’il y aura de la place pour une discussion concernant le nature de l’accord. Nous [Ethiopie, Egypte et Soudan] avons trouvé la bonne manière de discuter» a ajouté Moussa.
Cette deuxième réunion du comité technique, depuis la création du comité le mois dernier, a pour objectif d’atteindre une entente concernant les consultants qui seront chargés de conduire de plus amples recherches sur le barrage dans les six prochains mois, d’après un communiqué publié plus tôt par le comité.