AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a révélé les premiers détails du projet de la ''zone sécurisée'' en Syrie face au danger de l'EIIL et le problème croissant de près de 2 millions de réfugiés.
Lors de sa participation à l'émission sur la chaîne d'info qatarie Al Jazeera, Davutoglu a mentionné, pour la première fois, certaines régions au nord de la Syrie pour délimiter la zone sécurisée. ''Si une intervention est nécessaire, la communauté internationale devra s'intéresser à tous les actes de violence en Syrie, pas seulement ceux d'Ayn al-Arab (Kobané)''.
Davutoglu a souligné que les régions à forte densité démographique du nord de la Syrie devront figurer à l'intérieur de la zone sécurisée. Rappelant que la ville d'Alep est attaquée à la fois par le régime syrien et l'EIIL, le Premier ministre turc a indiqué que ''la partie entre Alep et la frontière turque devra être sécurisée comme le nord de Lattaquié, les régions de Hassaké, de Jarabulus et d'Ayn al-Arab''.
Une zone d'exclusion aérienne sera aussi nécessaire pour la protection des civils des bombardements du régime syrien, selon Ahmet Davutoglu. A cet égard, le Premier ministre a déploré l'absence de réaction au sein de la communauté internationale face à l'oppression du régime syrien ''ombragée'' par les attaques de l'EIIL.
Signalant que l'accord des Nations unies (ONU) légitimera davantage la zone sécurisée à l'échelle internationale, Davutoglu a regretté l'inaction du Conseil de sécurité au cours de 3 ans et demi, ''bloqué par les vétos de certains pays''. ''Les coalitions fondées par la communauté internationale et les volontaires peuvent prendre l'initiative à la place de l'ONU et assurer la protection des civiles depuis les airs'', a-t-il lancé.
L'intensification des opérations militaires contre une seule position et contre l'EIIL seul n'offrirait que des solutions temporaires, a ajouté Davutoglu. ''Il est temps d'établir une solution permanente en Syrie'', a-t-il insisté.
Le Président Recep Tayyip Erdogan avait également mis en relief l'importance de la zone sécurisée lors de la session de l'Assemblée générale de l'ONU le mois dernier à New York ainsi qu'au sommet de l'OTAN au Pays de Galles.
Le Secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, avait confirmé avoir abordé le sujet avec ses homologues turcs tout en indiquant pourtant que la création d'une telle zone ne devrait pas être ''imminente'' selon les autorités américaines.
Le chapitre 7 de la Charte de l'ONU sur les ''actions en cas de menace à la paix'', autorise la création des zones sécurisées en vue de la protection des civils dans leur pays d'origine.
La sécurité de ces zones est assurée par des forces internationales appartenant à l'ONU. En cas de nécessité, le chapitre 7 prévoit également la création des zones tampons ainsi que des zones d'exclusion aérienne.