AA/Anbar/Souleyman Qoubeissi
L’EIIL s'est emparé de la région de Boufarrach, au nord de la ville de Ramadi, alors que les forces irakiennes ont pu repousser l'attaque de l'organisation dans les zones environnantes, a annoncé vendredi une source sécuritaire dans la province d'al-Anbar, au centre de l'Irak.
La source a déclaré à Anadolu sous le sceau de l'anonymat que «L’EIIL a lancé une attaque vendredi matin, dans la zone de Boufarrach, au nord de Ramadi, à côté de l’autoroute internationale. Des affrontements ont éclaté entre les membres de l’EIIL et les forces de sécurité. Mais ces derniers ont fini par se retirer de la région, la laissant entre les mains de l’organisation».
La source a ajouté que des «cellules dormantes de l’EIIL dans la région de Boufarrach ont facilité la prise de contrôle, notamment lors des affrontements avec les forces de sécurité».
Le membre du Conseil du district d'al-Anbar, Adhal Fahdawi, a déclaré que les forces de sécurité et de l'armée, avec la coopération des combattants des tribus fidèles au gouvernement, sont parvenus à repousser l’attaque menée par l’EIIL contre la ville de Ramadi, sauf dans la région de Boufarrach.
Fahdawi a précisé que l’aviation de la coalition internationale a bombardé les sites entres les mains de l’EIIL à Boufarrach, tuant 27 membres de l’organisation.
De son côté, le cheikh Mazhar al-Dulaimi, un membre du conseil tribal d’al-Anbar a déclaré vendredi à Anadolu que «plus de 500 familles de Boufarrach se sont réfugiés au centre ville de Ramadi depuis la prise de la région par l’EIIL, et le retrait des forces de sécurité à cause de l’épuisement de leurs munitions».
Al-Dulaimi a précisé que «ces familles se sont installées dans des bâtiments scolaires et des locaux appartenant à des ministères».
Les forces irakiennes ont démarré mercredi dernier une campagne militaire pour reprendre Al-Anbar, une vaste province désertique frontalière de la Syrie, de la Jordanie et de l'Arabie Saoudite.
Dix mille combattants issus des tribus sunnites d'al-Anbar participent à cette campagne aux côtés de l'armée et de la police locale, avec le soutien de l’aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.
Le désert d’al-Anbar est la première région où l’EIIL a pu prendre pied en Irak, avant de s’emparer en 2014, de Falloujah, la plus importante ville de la région.
En juin 2014, L’organisation EIIL a pris le contrôle de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive (nord de l'Irak), avant de s’étendre sur de vastes zones dans le nord, l’ouest et l’est de l’Irak ainsi que le nord et l’est de la Syrie, proclamant, dans le même mois, la naissance de l’«Etat Islamique».
Les forces irakiennes et les milices qui lui sont alliées ainsi que des forces Peshmergas (armée du district du Nord de l'Irak) œuvrent à reprendre le contrôle des zones prises par l'EIIL, avec un soutien aérien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui effectue des raids aériens contre les positions de l’organisation terroriste.