AA/ Bagdad/ Adnen Jassem
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a opéré, en sa qualité de chef suprême des Forces armées, des changements de fond au sein du ministère de la Défense, en procédant à la mise à la retraite de centaines d’officiers haut gradés, colonel-major et plus, issus de la Direction des "Guerriers" et l’affectation de tous les officiers moins gradés de cette Direction aux unités militaires.
La décision d’al-Maliki intervient au lendemain de l’enquête diligentée contre 59 officiers de l’armée irakienne parmi ceux qui ont déserté leurs casernes et délaissé leurs armes dans les provinces de Ninive, de Salaheddine et de Kikuk après l’offensive menée par le groupe armé de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), la semaine dernière.
Le communiqué du bureau d’al-Maliki publié, vendredi, et dont Anadolu a obtenu copie, a relevé que « Compte tenu des circonstances actuelles que traverse l'Irak et en vue de restructurer l’armée et de d'affecter les dirigeants compétents à leurs emplacements appropriés, nous avons ordonné la mise à la retraite de tous les officiers gradés, colonel-major et plus, qui relèvent de la Direction générale des Guerriers, conformément aux pouvoirs qui nous sont conférés ».
Pour les autres officiers parmi les moins gradés de la Direction des "Guerriers", le communiqué a précisé qu’ils seront "affectés aux unités militaires, selon leurs grades et leurs spécialités"
"Au terme de trois mois d’évaluation, ceux qui s’avèreraient incompétents seront mis à la retraite", conclut le communiqué de la Présidence du gouvernement.
La commission de sécurité au Parlement irakien a manifesté son soutien à ces départs à la retraite. « Cette décision n’est pas liée aux répercussions sécuritaires de l’offensive de l'EIIL sur des villes irakiennes », a noté à Anadolu un membre de la commission, Hassan Jihad, indiquant que "la décision repose, plutôt, sur une vision et des propositions des officiers et des responsables".