AA/ Desk/ Mohamed Hedi Abdellaoui
Le coup d’envoi du Sommet de l’Union Africaine (UA) sera donné ce vendredi à Malabo (20-27 juin), capitale de la Guinée équatoriale, en présence d’une quarantaine de chefs d’Etats qui ont confirmé leur présence, selon l’UA, et s’articulera autour de thèmes « assez délicats », d'après certains observateurs africains.
Après un premier sommet annuel en janvier 2014 sur le thème " transformer l'agriculture en Afrique : saisir les opportunités pour une croissance inclusive et un développement durable", le Sommet de Malabo s’articulera autour du thème principal prévu, « l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique ». Toutefois, certains observateurs et experts africains avancent que les dirigeants du Continent devraient, actualité oblige, se pencher sur les crises sécuritaires secouant la Centrafrique, déchirée par un conflit intercommunautaire depuis décembre 2013, le Nigeria frappé par Boko Haram (groupe armé), ou encore le Soudan du Sud vivant une guerre civile.
La transformation de l’agriculture et des économies en Afrique sera certes au centre des travaux et débats des chefs d’Etat africains réunis à Malabo. Toutefois, une place à part sera, de surcroît, faite à la question du terrorisme, ainsi qu’aux risques de contamination en Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest. La menace de l’hydre terroriste dans le Sahel, au Nigéria et au Soudan du Sud, ne cesse de s'amplifier.
L’autre thème à susciter l’intérêt lors de ce Sommet concernerait la mise en œuvre d’une Capacité africaine de réponse immédiate aux crises (CARIC), annoncée par le nouveau président en exercice de l’UA, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, lors du 22 e sommet de l’UA, en janvier 2014 à Addis-Abeba (Le Kenya). Des doutes subsistent encore, d’ailleurs, sur la faisabilité de ce projet. Le premier handicap étant d’ordre financier, vu que l’Union africaine doit encore mobiliser des fonds pour financer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA). Lors d’une conférence des donateurs organisée en janvier dernier dans le cadre du 22e sommet, elle s’était engagée à mobiliser 500 millions de dollars. Mais, il se trouve que les pays africains peinent encore à concevoir et à mettre en place ensemble une véritable architecture de défense, alors que les puissances étrangères déploient leurs forces militaires sur le continent.
Le menu du Sommet de Malabo sera ainsi à la fois chargé et orchestré autour de thèmes « assez délicats », selon certains observateurs africains. Force est de constater, du reste, que depuis que l’Union Africaine a succédé en 2002 à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), créée en 1963, les sommets se succèdent et se poursuivent, plaidant pour les mêmes valeurs d’unité et de panafricanisme.
Par ailleurs, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, est l'invité du 23e sommet de l’UA, selon des sources officielles équato-guinéennes. Le Premier ministre espagnol profitera de sa présence pour solliciter les voix des pays Africains en faveur de l’Espagne candidat à un poste au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2015-2016 face à la Turquie et la Nouvelle Zélande également intéressées.