Nadia Chahed
31 Octobre 2017•Mise à jour: 31 Octobre 2017
AA/Desk
L'Organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a dénoncé les "expulsions sommaires" de migrants d'Afrique saharienne par l'Algérie, qu'elle a accusé de recourir à un "profilage racial".
"Depuis le 25 août 2017, les autorités algériennes ont procédé à des rafles d’Africains subsahariens se trouvant à Alger et aux abords de la ville, expulsant plus de 3 000 d’entre eux vers le Niger, sans leur donner la possibilité de contester cette mesure", rappelle l'ONG dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie mardi.
Parmi les personnes expulsées figurent des migrants ayant vécu et travaillé pendant des années en Algérie, des femmes enceintes, des familles avec des nouveau-nés et environ 25 enfants non accompagnés, précise HRW.
" Rien ne justifie de regrouper des gens en fonction de leur couleur de peau, puis de les déporter en masse", a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, cité dans le communiqué.
L'ONG rappelle, en outre, que le 7 juillet dernier, Ahmed Ouyahia, le chef de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, a assimilé les migrants à une "source de criminalité et de stupéfiants", affirmant que les autorités doivent protéger la population algérienne de ce "chaos" .
Le 11 juillet, le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelkader Messahel, avait, pour sa part, déclaré que les migrants "font peser une menace sur la sécurité nationale".
HRW rapporte, par ailleurs, "qu'une organisation non gouvernementale basée à Gao, au Mali, a indiqué que plusieurs Maliens ont également été expulsés à la frontière séparant ce pays de l’Algérie, une région dangereuse où sévissent des groupes armés, notamment ceux liés à Al-Qaïda".
D’après le Comité international de secours, qui administre un programme d’assistance aux migrants à Agadez, au Niger, parmi les individus expulsés figuraient des Nigériens mais aussi des centaines de ressortissants du Mali, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, tous des pays d’Afrique subsaharienne, poursuit la même source.
L'ONG rappelle à ce propos qu'"en vertu du droit international, l’Algérie dispose de l’autorité requise pour contrôler ses propres frontières et les personnes qui se trouvent sur son territoire en situation irrégulière, mais devrait accorder à chaque personne concernée une voie de recours pour contester son expulsion", soulignant que "l'Algérie ne devrait pas exercer de discrimination fondée sur l’ethnicité ni soumettre les migrants à une détention arbitraire et à un traitement inhumain et dégradant".