AA/Conakry/Boussouriou Bah
Le président guinéen, Alpha Condé, a rencontré, mercredi, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, pour concertations sur le calendrier électoral, contesté par l’opposition.
A sa sortie de la rencontre, Dalein Diallo, leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, a déclaré aux journalistes avoir, à l'occasion, exposé le point de vue de l’opposition concernant le calendrier électoral. A quoi, le président a répliqué qu'il "prend note en attendant pour se prononcer de confronter le point de vue de l'opposition à celui de la mouvance présidentrielle", selon Diallo.
Il a, en outre, rappelé que l’opposition estime qu'il est "préférable d’organiser les élections communales avant la présidentielle surtout que les mandats des élus locaux sont arrivés à terme depuis le 17 decembre 2010".
Diallo a, également, déclaré que "la commission électorale (CENI) ne peut pas prévaloir son indépendance pour violer les accords politiques et la constitution" notant qu'il est primordial "d'organiser les élections locales pour que les collectivités à la base soient administrées par des élus’’ qui gèrent d'une manière intègre le processus électoral.
Le porte-parole à la Présidence, Kiridi Bangoura, a pour sa part, déclaré à l'issue de la réunion de mercredi:" cette rencontre est la 2ème du genre après celle entre le président et la représentante de la majorité présidentielle. Le but de cette série de rencontres étant de receuillir les différentes opinions sur le calendrier électoral et de favoriser le cheminement vers un consensus entre les acteurs politiques autour du chronogramme des élections proposés par la CENI’’.
La capitale guinéenne a vécu durant les dernières semaines une série de manifestations intermittentes organisées par l’opposition qui conteste le calendrier électoral établi par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle le 11 octobre et des locales en 2016, alors que celles ci n'ont pas été organisées depuis 2010.
Pour l'opposition, ce calendrier "sert les intérêts d'Alpha Condé", le président guinéen, dans la mesure où les élus locaux, dont les mandats ont pris fin depuis décembre 2010, ont été remplacés, par Condé par des hommes de son parti qui pourraient falsifier les élections présidentielles à sa faveur, avait indiqué, en avril dernier, Cellou Dalein Diallo.