AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France fait preuve d'un optimisme plus prudent que la semaine dernière au sujet d'un accord entre la Grèce et l'Eurogroupe à quelques heures du sommet crucial à Bruxelles pour un nouveau plan de sauvetage grec.
S'exprimant lundi à la presse, le président français François Hollande a souhaité que ''les bases d'un accord soient posées'' entre le gouvernement d'Alexis Tsipras et les ministres des Finances de la zone euro lundi. Il avait pourtant vivement appelé, vendredi, à ce qu'un ''compromis fondé sur les règles européennes'' soit atteint à l'issue du sommet.
Hollande a néanmoins reconnu qu'il y a eu ''des progrès'' dans les négociations le week-end dernier, mettant en garde que ''ce serait un signe d'inquiétude supplémentaire'' si l'accord était reporté.
''La Grèce doit rester dans la zone euro'' mais ''faire des propositions'', a insisté le président français.
Le ministre français des Finances Michel Sapin a invité de son côté la Grèce à faire des propositions ''sérieuses'' et ''solides''. ''Le travail est en route et se passe dans de bonnes conditions'', a-t-il pourtant estimé.
''Le coeur du sujet c'est que nous Européens, nous sachions trouver une solution pour la Grèce qui est en même temps une manière de relancer le projet européen'', a ajouté le ministre.
D'autre part, selon un récent sondage publié sur le Journal du Dimanche, les Français seraient désormais contre l'idée de l'exclusion de la Grèce de la zone euro, surnommée ''Grexit''. Ils sont 53% à se prononcer contre une telle proposition en cas de l'échec des négociations entre Athènes et Bruxelles. Les Français étaient pourtant majoritaires (65%) à favoriser le Grexit selon un autre sondage réalisé en 2012.
La Grèce doit parvenir à un accord avec ses créanciers, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne (UE), pour obtenir la prochaine tranche d'aide de valeur de 7,2 milliards d'euros d'ici fin juin. Faute d'accord, la Grèce ne sera plus capable de rembourser ses dettes au FMI.
Athènes doit rembourser au total 6,7 milliards d'euros de dette au mois de juin, dont 1,5 milliard au FMI et le reste à l'UE.