Ekip,Tuncay Çakmak
11 Janvier 2018•Mise à jour: 11 Janvier 2018
AA - Istanbul
Les soutiens exprimés sur les réseaux sociaux par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont eu un impact négatif sur la société iranienne et ont accéléré la fin des manifestations en Iran.
Des manifestations ont éclaté, le 28 décembre, dans les villes de Mechhed et de Kashmar dans le Nord-est du pays pour protester contre la cherté de la vie, et se sont ensuite étendues à diverses régions y compris la capitale Téhéran et Qom, la capitale religieuse.

Quelques 24 manifestants ont été tués, des dizaines d'autres ont été blessés et plus d'un millier ont été arrêtés, lors de manifestations soutenues par des messages de l’administration Trump et par Israël.
Mais les messages partagés sur Twitter par Trump et ses conseillers ont été perçus négativement par les Iraniens, en Iran et à travers le monde.
Pour de nombreux analystes politiques, ceci est un nouvel exemple de la mauvaise politique étrangère menée par les Etats-Unis, notamment en Syrie avec le soutien apporté à l’organisation terroriste PYD/PKK ou encore sur la question du statut de Jérusalem.
Le Président Trump avait indiqué, sur son compte Twitter officiel : "L’Iran a échoué sur tous les plans malgré l’accord (nucléaire) horrible signé avec l’Administration d’Obama. Le grand peuple iranien est opprimé depuis plusieurs années. Il est avide et assoiffé de liberté. La Révolution de l’Iran et les droits de son peuple sont volés. C’est le temps du changement", a-t-il poursuivi.
Quelques jours plus tôt, Trump avait annoncé son soutien aux protestations et avait indiqué, dans un tweet : "Le monde entier se rend compte que le bon peuple de l’Iran veut le changement".
La représentante permanente de Washington auprès de l'organisation des Nations Unies, Nikki Haley, avait aussi déclaré dans les réseaux sociaux:
"Le peuple iranien a toujours, dans son histoire, contesté courageusement contre ses états qui le massacraient. Tous les défenseurs des libertés doivent persévérer. Nos prières vont aux peuples opprimés par des régimes autoritaires comme en Iran, en Corée du Nord, au Venezuela et à Cuba. Les libertés et les droits de l’homme seront vainqueurs".
Dans une vidéo partagée su Twitter, Netanyahu avait déclaré ceci : "Le régime iranien essaie de diffuser la haine entre les iraniens et les israéliens. Ils n’y arriveront pas. Une fois ce régime enfin renversé, les iraniens et les israéliens seront à nouveau des excellents amis. Je souhaite bonne chance à la quête de libertés du peuple iranien".
Selon certains analystes, toutes ces déclarations ont eu pour conséquence de mettre fin aux protestations.
Ils pensent que ces messages de soutien ont fait naître chez les manifestants, la crainte de voir leurs légitimes revendications principalement économiques passées en arrière-plan, ce qui aurait pu faire échouer les manifestations.
Les revendications se concentraient surtout sur les questions économiques et les corruptions :
Les questions économiques ont été à la source des récentes manifestations en Iran. Elles ont pris un tournant politique quand les manifestations se sont multipliées dans le pays et que des slogans politiques critiquant la politique interne et extérieure, se transformant parfois en des agressions physiques contre les bâtiments publics.
Les leaders politiques d’opposition, mais aussi les acteurs économiques du pays, tout en soutenant la légitimité des manifestations, ont appelé la population à ne pas tomber dans le piège des provocations extérieurs et à ne pas endommager les biens publics.
Certains slogans anti-régime et anti-Khamenei ont eu pour conséquence de freiner la participation aux manifestations des réformistes.
Contrairement aux manifestations de 2009, celles qui ont vu le jour ces dernières semaines se sont surtout concentrées dans des villes petites ou moyennes, ce qui a eu pour conséquence d’en réduire l’impact.