Ghannouchi : La Cause de Jérusalem a "remis sur selle" le Printemps arabe (Interview)
- Le président du Mouvement tunisien Ennahdha a accordé, récemment, une interview à Anadolu où il a notamment, évoqué le Sommet de l’OCI tenu à Istanbul, le 13 décembre courant, et qui a été consacré exclusivement à Jérusalem.
Adil Essabiti
25 Décembre 2017•Mise à jour: 26 Décembre 2017
TunisAA / Tunis / Adel Thebti
Le président du Mouvement tunisien « Ennahdha » a estimé qu’il n’existe pas de cause qui unifie la Oumma (Nation islamique) comme celle de Jérusalem et de la Palestine, soulignant que cette Cause revivifie « le Printemps arabe » qui s’est enlisé dans un « état de léthargie, d’entre-déchirement et de conflits civils en raison des complots ».
Le président américain Donald Trump avait généré, le 6 décembre courant, une colère arabe et islamique ainsi qu’une inquiétude au plan international, après l’annonce de la reconnaissance officielle de Washington de Jérusalem comme prétendue capitale de l’Etat d’Israël, force occupante.
Dans une interview accordée à Anadolu, Ghannouchi a relevé que « absolument, la Cause de la Palestine est une Cause bénie qui unifie la Oumma que nous appelons à s’élever des différends risibles, insignifiants et limités ».
Et Ghannouchi de poursuivre : « les conflits entre les pays islamiques et le conflit entre les communautés, les sectes et les partis s’élimine devant la Cause palestinienne. Lorsque le fleuve palestinien émerge, les rivières des petits différends s’estompent ».
Le chef du Mouvement tunisien d’obédience islamique a fait part de son optimisme quant à l’ampleur de la réaction populaire à l’endroit de la réaction de Trump. «La mobilisation de la rue s’effectue sans distinction de communauté, de parti ou de race. Tout le monde se mobilise au rythme du chant palestinien qui soulève la Oumma comme aucune autre Cause ne peut le faire ».
« Nulle autre Cause de la Oumma n’est apte à éclore les énergies, à réveiller les endormis, et à stimuler les sentiments des gens tels que la Cause de Jérusalem et de la Palestine. Les Tunisiens ne sont jamais unanimes comme ils le sont s’agissant de la Cause palestinienne. Jérusalem est le cœur de la Cause », a-t-il encore dit.
Ghannouchi a mis l’accent sur l’importance que revêt la Cause palestinienne. « Nous considérons la Palestine tout entière comme Jérusalem et Jérusalem dans son intégralité est la Palestine. Jérusalem illustre toute la Oumma islamique », a-t-il renchéri.
Nouvelle dynamique du Printemps arabe
Le chef du Mouvement Ennahdha a considéré que la « Cause de Jérusalem a insufflé une nouvelle dynamique du Printemps arabe, qui somnolait dans un état de léthargie, de conflits et de guerres civiles à cause des complots ourdis contre la Oumma et Monsieur Trump est venu attiser le feu du Printemps arabe pour le revivifier ».
«L’ampleur des réactions auxquelles nous avons assisté partout dans la Oumma arabo-musulmane est venu insuffler une nouvelle dynamique au Printemps arabe », a dit Ghannouchi.
« Ces mouvements ont remis sur selle le Printemps arabe. Le mouvement des peuples contre l’injustice, le mouvement des peuples réclamant la justice, la liberté et le développement dans des illustrations nobles, loin de toute forme de violence ou de terrorisme, est en effet l’essence même du Printemps arabe », a-t-il soutenu.
Sommet d’Istanbul
A l’invitation de la Turquie, la ville d’Istanbul a accueilli le mercredi 13 décembre, un Sommet d’urgence de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) qui a exprimé son rejet catégorique à la décision de Trump, tout en appelant les pays du monde entier à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat de la Palestine.
Ghannouhci a salué les efforts déployés par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, initiateur de la tenue de cette Rencontre. « La Direction turque a réussi, en un laps de temps assez rapide, à unir souverains et chefs d’Etat et de gouvernement et ceux qui les représentant, en contrepartie de l’impuissance de la Ligue des Etats Arabes à le faire ».
« Le Sommet d’Istanbul revêt une symbolique forte et particulière, dans la mesure où la « capitale islamique Istanbul a réussi la où la Ligue arabe a échoué. Nous adressons pour cela nos chaleureuses salutations au président Erdogan pour son initiative », a-t-il insisté.
Le Sommet a prouvé qu’il existe encore une Oumma islamique et que l’Islam est capable de la réunir et de l’unir en dépit de tous les différends et autres différences », a-t-il renchéri.
De même, a-t-il relevé, le Sommet d’Istanbul a montré que « La Palestine et Jérusalem occupent toujours une grande place, majeure et de premier plan, dans le cœur de la Oumma. Parallèlement à la symbolique d’Istanbul en tant que capitale historique des Musulmans, où ils s’étaient réunis pour défendre une cause sacrée, Jérusalem, lieu du voyage nocturne du Prophète (Paix sur Lui). Tout cela est hautement positif ».