Mohamed Hedi Abidellaoui
17 Avril 2017•Mise à jour: 18 Avril 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
A moins de six jours du premier tour de l’élection présidentielle française du 23 avril et alors que les enquêtes d’opinion signalent un resserrement entre les quatre candidats en tête, le candidat En Marche, Emmanuel Macron, organisait lundi un meeting crucial pour la suite de sa campagne à Bercy (Paris).
Le défi était double pour l’ancien ministre de l’Economie: montrer qu’il pouvait attirer du monde comme Benoît Hamon avant lui au même endroit, et redynamiser ses troupes pour contrer la déferlante Mélenchon, qui a rassemblé 70000 personnes, la veille à Toulouse (Sud). Emmanuel Macron a-t-il réussi son pari ?
Sur la mobilisation, le défi est relevé avec succès. Les organisateurs de l’événement revendiquent plus de 20000 participants, dont de nombreux people, et sur Twitter, plusieurs photos montrent des centaines de militants scotchés devant un écran plat qui rediffusait l’événement à l’extérieur. « Est-ce que vous entendez le murmure du printemps ? C’est le bruit d’une page politique que vous allez tourner », commence Emmanuel Macron, avant d’être interrompu par un « Je t’aime » crié par une voix féminine, et quelques minutes plus tard, par une Marseillaise entonnée par tout le public, à laquelle il a joint sa voix. « Dimanche nous allons gagner et ce sera le début d’une nouvelle ère », a-t-il scandé.
Un renouvellement que lui et ses électeurs incarneront s’il est élu le 7 mai, à l’inverse de François Fillon dont il tacle le rapprochement avec les milieux catholiques conservateurs, opposés au mariage gay : « L’intérêt général, la laïcité et notre histoire, ils n’ont pas le visage du Sens Commun, ils ont votre visage », a-t-il lancé à la foule, sous les applaudissements. Nouveau tacle à ce dernier, qui l’accuse souvent de ne pas prendre de position claire, quand il reprend à son compte l’expression « en même temps », qu’il a répété à de nombreuses reprises. « Je persiste et je signe », a-t-il revendiqué, niant tout « flou » dans cette formule. Mieux, il se compare à Charles de Gaulle qui, comme lui, « en même temps », a choisi le « meilleur de la droite, de la gauche et du centre »…
Avec seulement un point d’avance sur Marine Le Pen, et à défaut d’avoir relancé sa campagne par une nouvelle annonce, Emmanuel Macron aura pu se rassurer et rassurer ses militants dans ce sprint final haletant, qui réserve encore son lot de surprises. Jean-Luc Mélenchon sera présent dans pas moins de sept villes mardi, grâce à un hologramme, et François Fillon, victorieux surprise de la primaire de la droite, croit à un nouvel exploit. « Nous allons gagner », a lancé le candidat En Marche en guise de conclusion à Bercy. Rendez-vous dimanche pour le savoir.