Mohamed Hedi Abidellaoui
23 Avril 2017•Mise à jour: 24 Avril 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
Qualifiée pour le second tour de la Présidentielle française face à Emmanuel Macron, la candidate FN (Front National) Marine Le Pen a salué, depuis son QG à Hénin Beaumont (Nord), un résultat « historique » et exprimé sa « profonde gratitude » à ses militants.
« La première étape est franchie », a-t-elle lancé. Et la seconde, elle le sait, est semée d’embûches pour elle. Quand les appels à voter pour son rival, Emmanuel Macron, au second tour se multiplient, elle, n’a encore reçu aucun soutien. C’est donc aux Français directement qu’elle a adressé son court discours : « Les Français ont le choix entre la dérégulation totale et la grande alternance. Celle que je vous propose, c’est la grande alternance, l’alternance fondamentale qui mettra en place une autre politique (..) Ce n’est pas avec l’héritier de François hollande que cette grande alternance viendra », a-t-elle déclaré, égratignant son rival, ex-ministre de l’Economie. « Il est temps de libérer le peuple français », a-t-elle scandé. « Je suis la candidate du peuple. Je lance un appel à tous les patriotes sincères à me rejoindre et sortir des querelles périmées », a-t-elle insisté, avant de conclure : « C’est la survie de la France qui est en jeu ».
- Le front républicain En Marche
Oui, mais quel réservoir de voix pour Marine Le Pen ? A peine l’annonce du duel Macron/Le Pen était-elle tombée que déjà, les appels à battre la candidate d’extrême droite se multipliaient. Le premier à avoir ouvert le bal fut le candidat socialiste Benoît Hamon, rejoint dans le clan des candidats perdants par François Fillon (Les Républicains-"LR"), qui sans appeler à voter pour Macron, a appelé ses militants à faire barrage à la candidate FN.
La liste continue de s’allonger au fil des heures aussi bien à gauche qu’à droite : Bernard Cazeneuve (Premier ministre), François Baroin (LR), Alain Juppé (candidat malheureux à la primaire de la droite), Nathalie Kosciusko-Morizet (ancienne ministre), Jean-Pierre Raffarin (ancien Premier ministre), Bruno Retailleau (LR), Xavier Bertrand, Jean-Marc Ayrault (actuel ministre des Affaires étrangères)…Tous appellent au front républicain contre le front national.
Du côté des frontistes, on se veut rassurant. « Nous allons avoir une formidable dynamique entre les deux tours. C’est un peu un référendum pour ou contre la mondialisation », a déclaré le sénateur David Rachline. Même assurance chez la député frontiste Marion Maréchal Le Pen, qui parle d’une « victoire historique pour les nationalistes et les souverainistes », fustigeant les ralliements à Emmanuel Macron, qui va d’après elle « recycler les barons socialistes ».
Florian Philippot a, lui, lancé un appel à « tous les électeurs, y compris bien sûr les électeurs qui ont fait le choix de Mr Fillon et qui ont pu avoir le sentiment qu’au premier tour, on leur a un peu volé leur élection ». Or le candidat LR a clairement annoncé la couleur : il votera Macron. Il y en a un, sur lequel mise l’état major du FN et qui n’a pas encore donné de consigne de vote: c’est le souverainiste Nicolas Dupont Aignan. Le candidat de Debout La France a annoncé qu’il réunira un bureau politique « dans les prochains jours » pour faire un choix dans « l’intérêt supérieur de notre nation ». Pour rappel, il a réuni 5% des suffrages au premier tour.