Esma Ben Said
19 Avril 2018•Mise à jour: 20 Avril 2018
AA / France / Suheda Dinc
Une séance mouvementée s’est déroulée, mercredi, à l’Assemblée nationale française lors des débats relatifs à l’adoption du projet de loi « Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », porté par le ministre français de l’intérieur, Gérard Collomb, a appris Anadolu de source officielle.
Présentée en plénière lundi, le texte qui comporte trois objectifs que sont « une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif, une intégration réussie » suscite, depuis, des débats houleux au sein de l’hémicycle.
Lors de la séance de mercredi, une altercation est survenue entre les députés Les Républicains -LR- (droite/centre droit) et la ministre auprès du ministre d’Etat, Jacqueline Gourault, qui a fini par « perdre son sang froid » et s’emporter face à l’insistance des députés LR.
En effet, ces derniers ont voulu savoir si le gouvernement a un « plan caché de 40 mille régularisations de sans-papiers » en référence à un article du journal français Le Monde dans lequel les élus de la majorité soulignaient la nécessité des régularisations.
Une interrogation formulée lundi et réitérée mercredi par certains députés LR, dont Fabien Di Philippo et Pierre-Henri Dumont, provoquant la colère de la ministre qui a dénoncé « des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie ».
Si la ministre a décidé de ne pas répondre, déplorant l’attitude des LR qui « obligent » une ministre à répondre, Christian Jacob (LR), a affirmé, lors d’un rappel au règlement, que « C’est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement, pas l’inverse ».
La séance de mercredi a débuté avec des rappels aux règlements de plusieurs députés qui ont sollicité une réorganisation du calendrier d’examen du texte refusant de voter « en catimini » dans la nuit du vendredi au samedi.
Les débats se sont envenimés à l’occasion de l’examen de l’article 3 relatif à la réunification familiale et qui permet à un mineur bénéficiant du statut de réfugié de faire venir, dans le pays d’accueil, ses frères et sœurs et pas uniquement ses parents.
Différent du regroupement familial qui concerne les étrangers en situation régulière -sous conditions financières-, la réunification familiale est une mesure qui n’a concerné que 357 réfugiés mineurs isolés en 2017, selon les chiffres du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.
Toutefois, les députés du Front national -FN- (extrême droite) ainsi que les LR se sont opposés à l’article qu’ils considèrent propice à l’ouverture d’une « filière de mort » en référence aux passeurs.
Côté LREM, Sandrine Mörch a dénoncé « une peur panique de l’étranger » chez les députés FN et LR tandis qu’Erwan Balanant, député MoDem (centre), a accusé les LR de « pourrir le débat » et d’amalgamer « asile et immigration ».
Affirmation qui a provoqué la colère dans les rangs LR contribuant à la suspension de la séance pour réinstaller le calme.
Au final, les députés doivent encore examiner plus de 900 amendements d’ici vendredi.